Bordeaux (33) : “Qu’ils retournent en Afrique”, des tags racistes sur les murs d’une association d’accueil des immigrés

Les membres de l’Association de solidarité avec tous les immigrés (Asti) de Bordeaux ont découvert des tags racistes à l’entrée de leurs locaux, mercredi 30 novembre. L’organisme et la Ville portent plainte

« Les nôtres avant les autres ! », « – de SDF, + d’OQTF », ou « Qu’ils retournent en Afrique », en référence directe aux propos tenus par le député RN Grégoire de Fournas à l’Assemblée nationale le 3 novembre dernier. Voilà ce qu’ont pu lire les membres de l’Association de solidarité avec tous les immigrés (Asti) en arrivant sur leur lieu de travail, rue Armand-Caduc, le matin du mercredi 30 novembre. L’inscription porte la même signature que les dégradations retrouvées sur la mosquée de Pessac en octobre dernier et sur les murs du campus de l’Université Bordeaux-Montaigne en septembre 2021 : « Action directe identitaire ».

Un tag en lien direct avec les propos tenus par le député RN Grégoire de Fournas à l’Assemblée nationale, le 3 novembre dernier.

Les fidèles de la mosquée de Pessac ont découvert des inscriptions haineuses et faisant référence au meurtre de Lola, taguées à l’entrée du lieu de culte. Son président va porter plainte

« Les deux messages racistes, abjects inscrits sur nos murs ne sont que le reflet de l’extrême droitisation du débat actuel sur les étrangers en France, et du durcissement des conditions d’accueil dans la future loi immigration », a réagi l’Asti dans un communiqué.

Les tags sont signés « Action directe identitaire ».

Les tags sont signés « Action directe identitaire ».

La Ville et l’Asti portent plainte

C’est la première fois que de telles inscriptions apparaissent devant les locaux de l’organisme, qui confirme vouloir porter plainte. Dans un communiqué, la Ville de Bordeaux, également propriétaire des locaux, indique qu’elle vient aussi de déposer plainte. Le maire, Pierre Hurmic, « assure l’Asti de son plein et entier soutien face à ce lâche acte de vandalisme et les bénéficiaires de ses services directement visés par les inscriptions ».

Prononcés à l’Assemblée nationale, les propos jugés racistes qui lui ont valu une exclusion de 15 jours, ne sont pas une première pour Grégoire de Fournas. Alors qu’il était conseiller départemental, l’élu a été épinglé en Gironde. Mais aussi d’autres militants ou candidats RN (ex-FN) du département à différentes élections

L’association pointe du doigt le durcissement de la politique du ministre de l’Intérieur envers les étrangers en situation irrégulière : « Le 17 novembre dernier, Gérald Darmanin envoyait une circulaire aux préfets demandant le renforcement de la répression des étrangers, les associant clairement à des délinquants. » Elle assure vouloir continuer sa mission « et défendre [ses] valeurs antiracistes ».

Sud-Ouest