Bosnie: des migrants prêts à passer par des champs de mines pour tenter de rejoindre l’UE

Des migrants marchent à côté de pancartes affichées sur des tentes dans le camp de fortune de Vucjak, à la périphérie de la ville de Bihac, dans le nord de la Bosnie, le 7 décembre 2019. © AFP or licensors

De nombreux migrants tentent d’entrer dans l’Union européenne en passant par les montagnes entre la Bosnie-Herzégovine et la Croatie. Des chemins montagneux qui sont encore couverts de mines.

15.000 mines en Croatie

Un panneau de danger indiquant « Mines – Restez à l’extérieur ! » près d’une maison en pierre brûlée nichée sur les pentes de la montagne Velebit en Croatie, 20 avril 2018. © AFP or licensors

L’ancienne école de la ville de Bihac en Bosnie-Herzégovine a été transformée en camp de fortune. Environ 300 réfugiés y vivent, pour la plupart des familles avec enfants. Tous ont essayé au moins une fois de franchir les montagnes pour rejoindre la Croatie, les portes de l’Union européenne.

La famille Nasser, qui vit depuis un an et demi à Bihac, a tenté plusieurs fois la traversée. Mais, à chaque fois, elle a rebroussé chemin : “Il faut marcher très longtemps, la nuit, dans la forêt, il y a trop de mines. On a essayé environ trois fois.”, explique le père, Nachwan Nasser.

La seule chose qui les intéresse, c’est de savoir comment entrer dans l’Union européenne.

Rien que du côté croate, il reste plus de 15.000 mines 25 ans après la guerre de l’indépendance (1992-1995).

Si ces familles sont prêtes à emprunter d’anciens champs de mines, c’est parce que ces chemins sont moins gardés. “Ils traversent les champs de mines parce qu’ils savent qu’ils ne sont pas sous la surveillance de la police. La seule chose qui les intéresse est de savoir comment entrer dans l’UE“, explique Nataša Omerovic, coordinatrice de l’Organisation international pour les migrants.

Un mort et des blessés

En mars dernier, un migrant a été tué et plusieurs autres gravement blessés par l’explosion d’une mine antipersonnel dans la région de Saborsko, à quelques kilomètres de la frontière bosnienne.

Aujourd’hui, la police croate s’est lancée dans le déminage de cette région avec l’aide de l’Union européenne.

RTBF