Brésil : Erika Hilton, noire, transsexuelle, élue de Sao Paulo

“Le Brésil est un pays raciste, homophobe et transphobe, et moi je réunis tout ça dans mon corps”, lance Erika Hilton, qui vient tout juste d’être élue conseillère municipale dans la métropole de Sao Paulo. A 27 ans seulement, Erika Hilton, noire et transsexuelle, est la femme ayant recueilli le plus de voix au Brésil lors du premier tour des élections municipales du 15 novembre.

Car quelques jours après l’élection d’Erika Hilton, la mort brutale, jeudi dernier, d’un homme noir sous les coups des vigiles d’un supermarché Carrefour à Porto Alegre (sud) provoquait des manifestations antiracisme dans plusieurs villes du pays. […]

– Trajectoire chaotique –

Élevée dans une favela et mise à la porte de chez elle par sa famille très religieuse quand elle était adolescente, elle s’est prostituée et a vécu dans la rue pendant des années.

En 2018, elle est élue députée de l’Etat de Sao Paulo pour un mandat collectif réunissant plusieurs femmes de gauche, en même temps que le candidat ouvertement homophobe et raciste Jair Bolsonaro remporte la présidentielle.

Deux ans plus tard, 294 candidats travestis et trans se présentent aux élections municipales et 30 viennent d’être élus, selon l’Association Nationale des Travestis et Transsexuels (ANTRA).

Erika Hilton veut croire que ce vote est “une gifle pour ce système politique” et une preuve que “le Brésil de 2018 n’est pas le Brésil de 2020”.

Ça avance lentement car il y a eu 388 années d’esclavagisme et après 140 ans de fausse abolition, on est encore en construction, en lutte pour notre humanité“, dit-elle.

Malgré son aspiration au changement, Erika Hilton admet être encore angoissée par les menaces dont elle fait l’objet.

Je suis fière d’être comparée à elle mais j’ai peur que mon histoire se termine comme la sienne“, avoue-t-elle.

TV5 Monde