Brexit : « des Marocains mais pas d’Européens », le patron de Ryanair appelle à « plus de bon sens »

Le patron de Ryanair, Michael O’Leary demande plus de flexibilité au gouvernement britannique dans sa politique d’immigration. © Crédit photo : AFP

Le patron de Ryanair, en proie comme beaucoup de compagnies aériennes à une pénurie de personnel, dénonce ce vendredi la politique d’immigration anti-européenne du Brexit défendue par Boris Johnson

Le patron de la compagnie « low cost » irlandaise Ryanair, Michael O’Leary, enjoint au gouvernement britannique de faire preuve de « plus de bon sens » sur la politique migratoire post-Brexit, en pleine pénurie de travailleurs dans l’aérien.

« Nous avons cette bizarre situation pour le moment où au Royaume-Uni je peux obtenir des visas pour faire venir des Marocains pour travailler comme personnel de cabine. Mais je ne peux pas obtenir de visas pour des jeunes Portugais, Italiens, Slovaques… », a-t-il dit sur la Radio 4 de la BBC.

« Nous avons besoin d’un peu plus de bon sens et d’une approche pratique sur la manière dont nous mettons en œuvre le Brexit », a-t-il ajouté. Davantage de visas pour des travailleurs européens aiderait à apaiser les perturbations dans les voyages aériens, affirme-t-il.

Record d’offres d’emploi

Le Premier ministre sur le départ Boris Johnson, qui a mené la campagne pro-Brexit, affirme que la sortie britannique de l’UE doit permettre au Royaume-Uni de se passer de travailleurs européens bon marché pour embaucher plus de Britanniques avec de meilleures rémunérations.

Mais les offres d’emploi vacantes planent à des records et les entreprises peinent à recruter dans les secteurs qui avaient l’habitude de recourir à cette main-d’œuvre étrangère, à l’instar de l’hôtellerie-restauration, la distribution, l’agriculture, etc. Ils doivent faire venir des travailleurs de pays de plus en plus lointains qui ne parviennent pas à compenser totalement les centaines de milliers d’Européens qui manquent, comparé à avant la pandémie et le Brexit.

Le secteur de l’aérien en particulier a été le théâtre de scènes de chaos ces dernières semaines, certaines compagnies annulant des milliers de vols, parfois à la dernière minute, par manque de personnel au sol notamment.

Sud Ouest