Brexit. Une trentaine de jeunes, dont des Italiens, arrêtés et placés dans des centres pour migrants en attente d’expulsion

Un responsable lève le drapeau britannique au siège de la Commission européenne pour la visite du Premier ministre britannique, David Cameron

Au fil des semaines et malgré l’accord entré en vigueur le 1er janvier, le Brexit, voulu par les citoyens britanniques en juin 2016, se traduit par des tensions continues avec l’Union européenne qui risquent de s’aggraver.


Avec le cas des navires de guerre de France et de Grande-Bretagne alignés dans la bagarre des bateaux de pêche, c’est aujourd’hui l’actualité d’une trentaine de citoyens européens détenus dans les quelques mois de 2021 dans des centres d’immigration puis rapatriés. Parmi eux, des Italiens, des Grecs, des Allemands, des Roumains et des Bulgares. Ce dernier fait, rapporté par Politico.eu, concernait des jeunes qui s’étaient rendus en Grande-Bretagne pour travailler comme serveurs et au pair, mais une fois arrivés au Royaume-Uni, ils étaient arrêtés et emmenés dans des centres d’immigration, détenus même une semaine.


À la base de l’arrestation et du refoulement, il y a le cadre législatif britannique, qui autorise l’entrée pour des raisons professionnelles uniquement à ceux qui ont déjà travaillé et résidé en Grande-Bretagne (“EU Settlement Scheme”, révocable en cas de doute sur l’intention réelle du partie intéressée au travail), ou pour le tourisme, jusqu’à un maximum de 90 jours.
Les représentations diplomatiques sont désormais occupées à fournir une assistance juridique aux immigrés clandestins européens, y compris aux Italiens, tandis que le ministère britannique de l’Intérieur n’a pas encore fourni de données officielles.


En revanche, forte tension ces jours-ci au port de Saint-Hélier, sur l’île de Jersey dans la Manche, au moment où les contacts entre les autorités européennes et britanniques sont revenus: celui sur la pêche était, avec la question de les frontières nord-irlandaises, l’une des pierres d’achoppement avec la conclusion de l’accord sur le Brexit, mais apparemment pas entièrement. Les pêcheurs français ont protesté avec 60 navires pour leurs droits post-Brexit. Deux navires de guerre envoyés par Macron et deux de la marine britannique par le Premier ministre Boris Johnson ont présidé la situation. Pour le Royaume-Uni, le Hms Severn, qui suivait les navires de guerre russes au large des côtes anglaises, et le Hms Tamar, tandis que la préfecture française a envoyé deux patrouilleurs en service public pour assurer la sécurité. Cependant, il a été précisé que les navires français n’étaient pas envoyés dans le cadre d’une mission militaire.
Les pêcheurs se sont opposés à la limitation injuste de leurs droits par les licences délivrées par l’île dans le cadre d’un nouveau système. En vertu des accords signés entre le Royaume-Uni et l’Union européenne, les navires de pêche français sont désormais tenus de présenter un document attestant qu’ils ont déjà pêché dans les eaux de Jersey dans le passé. Mais d’autres exigences ont été ajoutées par Londres sans avertissement, selon les autorités françaises non communiquées à l’Union européenne et donc nulles et non avenues. En outre, les pêcheurs français se sont retrouvés en grande difficulté pour obtenir des licences.


La France a également menacé de couper l’électricité à Jersey, la plus grande île du canal et une dépendance de la couronne britannique, située à 22 km au large des côtes de la France. Il ne fait pas partie du Royaume-Uni mais est défendu et représenté au niveau international par le Royaume-Uni.
À cet égard, le sénateur Ian Gorst, ministre des relations extérieures avec Jersey, a déclaré: «Il est vraiment important de pouvoir travailler avec ces pêcheurs pour les aider à fournir les preuves nécessaires afin que, sur demande, leurs permis puissent être modifiés, et il est important de résoudre le problème en continuant à parler par la diplomatie ». L’Elysée, en revanche, a déclaré que “nous voulons pouvoir à nouveau négocier, que nous pouvons obtenir les licences de pêche prévues dans l’accord”.
Les bateaux de pêche français en signe de protestation se sont retirés, mais dans une impasse, et pour le moment, l’affaire reste en suspens. Le porte-parole de la Commission européenne a déclaré que les conditions supplémentaires demandées par la Grande-Bretagne constituaient une violation du traité commercial post-Brexit.


En Irlande du Nord, notamment à Belfast, il y a des affrontements entre des groupes de jeunes syndicalistes et nationalistes, puis de tous contre la police. C’est un possible prélude à la reprise du conflit séculaire anesthésié depuis 23 ans avec la participation de l’Irlande et du Royaume-Uni à l’Union européenne, mais les syndicalistes craignent aujourd’hui que cette frontière immatérielle entre l’île d’Irlande et le Royaume-Uni, établi dans l’accord pour éviter la libre circulation des marchandises (le «Backstop»), peut un jour devenir physique.

Source: Yourtopia.fr