Budget rectificatif : le Sénat vote 20 millions d’euros pour une carte Vitale biométrique

«Ces premiers crédits permettront de lancer dès l’automne 2022 le chantier de la mise en place d’une carte Vitale biométrique», souligne Philippe Mouiller (LR).

Le principal objectif est de lutter contre la fraude, qui atteindrait «6 milliards d’euros, selon l’estimation la plus basse», d’après le sénateur LR Philippe Mouiller.

Le Sénat à majorité de droite a voté dans la nuit de mardi à mercredi, dans le cadre du projet de budget rectificatif pour 2022, 20 millions de crédits pour lancer la mise en place d’une carte Vitale biométrique. Les sénateurs ont adopté par 242 voix contre 95 un amendement porté par Philippe Mouiller (LR) prévoyant «les premiers crédits permettant de lancer dès l’automne 2022 le chantier de la mise en place d’une carte Vitale biométrique».

L’objectif, selon Philippe Mouiller, est de lutter contre la fraude, qui atteindrait «6 milliards d’euros, selon l’estimation la plus basse». C’est une demande forte du chef de file des sénateurs LR Bruno Retailleau. Cet amendement «va accélérer les choses», a indiqué le ministre délégué aux Comptes publics, Gabriel Attal, qui a levé le gage. Il a toutefois souligné que «l’enjeu essentiel est de recueillir l’adhésion des professionnels de santé». Le ministre de la Santé, François Braun, avait proposé récemment la mise en place d’une «mission parlementaire» sur cette carte Vitale biométrique, réclamée de longue date par la droite et l’extrême droite.

Dans l’hémicycle du Palais du Luxembourg, le débat s’est cristallisé sur le choix des sénateurs LR de «gager» ces nouvelles dépenses sur le budget dédié à l’aide médicale d’État, pour les personnes étrangères sans papier. «Indigne», s’est insurgée l’écologiste Raymonde Poncet Monge, sa collègue Mélanie Vogel fustigeant «une aberration de prendre des crédits qui servent à soigner des gens». Les trois groupes de gauche, PS, CRCE à majorité communiste, et écologiste, ont voté contre l’amendement. La majorité présidentielle avait rejeté fin 2020 une proposition de loi des sénateurs LR sur le même sujet, notamment au nom de la «protection de la vie privée et des données personnelles».

Le Figaro