Bulgarie : Un candidat à la présidence inculpé après le saccage d’un centre LGBT+

Interrogé par la télévision, Boyan Rassate a refusé de reconnaître sa responsabilité dans cette attaque et a reproché à la communauté LGBT+ de « corrompre les jeunes ».

Un candidat d’extrême droite à l’élection présidentielle a été inculpé et placé en garde à vue en Bulgarie après l’attaque le week-end dernier d’un centre LGBT+ à Sofia, a annoncé le parquet ce mercredi. Boyan Rassate, désigné par ses initiales dans le communiqué, est accusé d’avoir « gravement porté atteinte à l’ordre public » et de « coups et blessures motivés par le hooliganisme, le racisme ou la xénophobie ».

Samedi, une dizaine de personnes sont entrées dans les locaux d’une association de défense des droits de minorités sexuelles et de genre, le Rainbow Hub. Elles ont saccagé les lieux et une femme a été frappée. Selon les victimes de cette attaque, les assaillants étaient emmenés par M. Rassate, l’un des 23 candidats à l’élection présidentielle du 14 novembre prochain en Bulgarie.

« Les autorités bulgares doivent prendre des mesures d’urgence »

A la suite de la levée par la commission électorale, sur demande du parquet, de l’immunité dont il bénéficiait en tant que candidat, il a été arrêté mardi soir. Interrogé par la télévision, il a refusé de reconnaître sa responsabilité dans cette attaque, tout en reprochant à la communauté LGBT+ de « corrompre les jeunes ». Cette agression est « un nouvel exemple inquiétant des menaces en hausse contre les ONG travaillant pour l’égalité des droits de la communauté LGBT+ », a écrit mardi la commissaire aux Droits de l’Homme du Conseil de l’Europe Dunja Mijatovic.

Les autorités bulgares doivent prendre des mesures d’urgence pour empêcher des responsables politiques et des partis de se servir de la communauté LGBT+ comme d’un bouc émissaire », a réagi le directeur régional adjoint d’Amnesty International Massimo Moratti. Il a soutenu la demande de la communauté LGBT+ de Bulgarie, qui réclame la pénalisation des crimes homophobes, actuellement considérés comme des délits de hooliganisme. L’agression a été condamnée lundi par onze pays occidentaux.

Le Courrier des Balkans