Caen (14) : « Être franc-maçonne m’a apporté beaucoup de choses », une enseignante témoigne

Sophie (prénom d’emprunt), 54 ans, est enseignante dans le Calvados. Elle est franc-maçonne et fait partie de la loge Thémis, à Caen, une des loges du Grand-Orient de France. Elle témoigne de son engagement à améliorer la société pour tous.

Sophie (prénom d’emprunt), 54 ans, est enseignante dans le Calvados. Franc-maçonne, elle fait partie de la loge Thémis de Caen. Elle raconte les circonstances de son engagement dans ce mouvement, reconnu association loi 1901.

« Je suis entrée à la loge Thémis en janvier 2016. Cela faisait très longtemps que la franc-maçonnerie m’intéressait. En novembre 2014, j’ai visité le musée de la franc-maçonnerie au siège du Grand Orient, à Paris. Je souhaitais savoir vraiment de quoi il retournait avant de m’engager. Ce que j’y ai vu pendant la visite m’a plu : les valeurs d’humanisme, d’ouverture sur le monde, de tolérance, de liberté de pensée correspondaient aux miennes.

Après m’être bien renseignée sur cette association loi 1901, ne connaissant aucun franc-maçon, j’ai envoyé une lettre au siège du Grand Orient de France, à Paris, en février 2015, en expliquant que je souhaitais y entrer. Ma lettre a été transmise à la loge Thémis, à Caen, qui, à ce moment-là, était la seule mixte. D’autres le sont devenues depuis. »

« On m’a bandé les yeux pour ne pas que je sache qui était là »

« On m’a ensuite contactée par téléphone et on m’a posé plusieurs questions pour connaître mes motivations. Puis, j’ai rencontré le président de la loge. J’ai à nouveau été appelée par trois autres personnes à des moments différents. On vous questionne sur votre vie, votre parcours. On veut tout simplement mieux vous connaître.

On m’a ensuite recontactée assez longtemps après pour me demander de venir au temple, à Caen. On m’a bandé les yeux pour ne pas que je sache qui était là. On m’a reposé des questions. Mais il n’y a rien de compliqué, ni de bizarre. C’est pour respecter l’anonymat de chacun au cas où vous n’êtes pas admis. Il y a ensuite un vote afin de déterminer si vous êtes admis ou pas. Si c’est oui, vous êtes ensuite conviée à la cérémonie d’initiation. Pour moi, elle a eu lieu en janvier 2016. »

« Ce n’est pas élitiste »

« C’est un véritable engagement et ça demande du temps. Selon son grade, on travaille sur des sujets de société qu’on a choisis ou qui ont été votés lors du convent (assemblée générale) qui a lieu une fois par an. On écrit ensuite des planches (exposés) sur des sujets de société comme la laïcité. Il y a toutes sortes d’idées, sauf extrémistes.

Dans ma loge, les milieux sociaux sont différents. C’est une richesse. Ce n’est pas élitiste. Ce n’est pas le niveau d’études qui compte, ni le compte en banque. L’important, ici, est d’améliorer ses connaissances et de s’intéresser au monde et à la société afin de diffuser ensuite des idées nouvelles pour un avenir meilleur pour tous.

Cela m’a apporté une ouverture d’esprit et une tolérance plus grande sans jugement péremptoire. Cela me transforme, me permet de mieux comprendre le monde jour après jour.

En France, on ne dévoile pas son appartenance à la franc-maçonnerie. Mais en Angleterre, cela ne pose pas de problème. Et un franc-maçon sincère ne fera pas son choix sur le fait que l’autre est franc-maçon : c’est d’abord et avant tout les compétences et la valeur humaine qui comptent. »

Ouest-France