Cahors (46) : Le Guinéen Souleymane Sow devient « l’un des meilleurs apprentis bouchers de France »

Ce 14 juin, à l’Institut des Métiers à Clermont-Ferrand, Souleymane Sow de l’école des métiers du Lot et en apprentissage chez Dany & Laurent Flaujac sous la Halle à Cahors. Originaire de Guinée, ce jeune migrant a décroché le Graal en terminant 1er ex aequo du concours « Un des Meilleurs Apprentis Bouchers de France ».  « Il y avait 23 participants. Les jeunes devaient préparer une épaule de veau, une hanche de bœuf, et un gigot d’agneau. Souleymane a fini 1er à égalité avec 2 autres apprentis.

C’est le 1er MAF issu de la région Occitanie. Il faut souligner aussi le joli symbole d’intégration car Souley est un migrant. Il va être reçu le 1er mai 2022 par le président de la République » a expliqué Laurent Flaujac. Félicitations !

Sous la halle de Cahors, où tout le monde le connaît désormais, il découpe, désosse et ficelle minutieusement. Entre la boucherie Flaujac et lui, c’est une histoire qui dure. Après trois stages consécutifs au sein de l’entreprise, il y a débuté son apprentissage il y a un an et demi dans le cadre de son cursus au CFA de Cahors.

« Il est soigneux, précis, efficace, vaillant, intelligent, pas compliqué, toujours là quand on a besoin de lui. Et on adore lui apprendre notre savoir-faire ». Quand il s’agit de son protégé, Dany Flaujac ne cache pas sa fierté. « Les clients l’aiment beaucoup, même si lui n’aime pas tellement servir ».

Un grand-père boucher en Guinée

Il faut dire que le jeune homme de 18 ans dissimule difficilement sa timidité, surtout quand il s’agit de raconter son parcours. Arrivé en France en 2017 après être passé par l’Italie « à pied », il intègre un lycée professionnel près de Montauban. C’est là qu’il entend parler de la boucherie Flaujac. « J’ai toujours été intéressé par la boucherie. D’ailleurs, mon grand-père était boucher en Guinée, mais il ne me laissait jamais toucher à son travail. Et puis ici, le métier n’a rien à voir avec la façon dont c’est fait là-bas », confie Souleymane Sow.

Ici, il a appris toutes nos techniques », ajoute sa patronne, ne résistant pas à l’envie de montrer la dernière œuvre du jeune homme : un rôti de porc parfaitement ficelé. « Regardez ! », s’exclame-t-elle. « Il y a peu de bouchers qui font des nœuds aussi serrés. D’ailleurs, on a vu la différence aux régionales ».

Si le jeune homme devrait empocher son CAP sans difficulté d’ici la fin de l’année, la suite de son cursus est moins certain. « Il parle très bien mais lit et écrit difficilement. Cela risque d’être compliqué pour obtenir un brevet professionnel », regrette Dany Flaujac. « Mais, s’il désire rester avec nous et travailler à l’atelier de découpe, on le gardera sans aucun doute ».

Des épreuves exigeantes

Lors des épreuves régionales, les candidats avaient dû désosser et ficeler un gigot d’agneau, faire un rôti à partir d’un cuisseau de veau et un autre dans une épaule d’agneau. Des épreuves dont Souleymane Sow s’était brillamment tiré malgré l’oubli malencontreux d’une rotule qui lui avait valu un D en désossage.

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