Cahors (46) : Une infirmière congolaise expulsée vers le Congo (Màj : Hélène est bien arrivée à Kinshasa)

02/05/2021

Suite à l’expulsion d’Hélène, une jeune femme originaire du Congo, résidant sur Catus, le Collectif d’aide et de soutien aux migrants de Cahors, donne de ses nouvelles

Vue générale la veille de l'expulsion d'Hélène devant la préfecture du Lot.

Suite à l’expulsion d’Hélène, une jeune femme originaire de la République démocratique du Congo, résidant sur Catus, le Collectif d’aide et de soutien aux migrants de Cahors, publie le communiqué suivant.

« Nous étions plus d’une centaine à être venus manifester sous les fenêtres du Préfet à Cahors le 27 avril à l’appel du Collectif de soutien aux migrants de Cahors en faveur d’Hélène, cette jeune femme congolaise de 33 ans, qui avait dû fuir son pays suite à des menaces et violences et que nous avons accompagnée pendant près de 8 ans en France où elle s’était reconstruite moralement et physiquement et où elle attendait de pouvoir faire valoir ses diplômes d’infirmières acquis au Congo.

“Faire changer cette politique migratoire inhumaine et cette machine à expulser implacable et inacceptable”

L’appel à la clémence du Préfet est resté sans réponse. Hélène a dû repartir vers le Congo le 29 avril au petit matin. Durant son transit à Paris elle a été placée en cellule par la police des frontières. Elle est arrivée à Kinshasa en fin de journée

Que va-t-elle devenir ?

Comment va-t-elle supporter ce retour forcé ? Nous nous sommes engagés à vous donner des nouvelles. Nous le ferons régulièrement parce que nous restons bien sûr en contact avec elle.

Actu.fr

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29/04/2021

« Hélène a obtenu la possibilité de valider son diplôme d’infirmière en s’inscrivant à un stage de formation, mais elle s’est vue refuser ce droit » a rappelé ce mardi Céline Gabet au nom du Collectif d’aide et de soutien aux migrants de Cahors. La Cimade, Amnesty, Amigrants, le Secours Catholique, Terre de Fraternité, Jamais sans Toit 46… tous ont rassemblé une centaine de personnes, devant les grilles de la préfecture à Cahors pour s’opposer à l’expulsion d’Hélène dans son pays le jeudi 29 avril. Soumise au régime d’assignation à résidence à son domicile de Catus, elle est en sursis.

Céline Gabet relate le parcours d'Hélène et évoque le situation des "victimes d'une machine administrative qui fabrique des invisibles."

Céline Gabet relate le parcours d’Hélène et évoque le situation des “victimes d’une machine administrative qui fabrique des invisibles.”

« Je me sens aimée. Ces soutiens, c’est une famille. Je n’ai pas de travail ni de toit et de famille en République du Congo. Ici je peux devenir infirmière » déclare Hélène.

La vice-présidente de la Région devient sa marraine

Elle peut compter sur Marie Piqué, vice-présidente de la Région en charge des solidarités. « Je défends ce dossier. Les élus peuvent parrainer des étrangers menacés d’expulsion comme Hélène. J’ai décidé d’être sa marraine dans ce combat » annonce l’élue dans un esprit combatif et fraternel.

Nicolas Regny, secrétaire général de la préfecture du Lot, a ouvert le dossier d’Hélène. Il laisse peu d’espoir à son maintien en France.

Plusieurs requêtes rejetées

C’est une reconduite à la frontière. Elle a reçu son billet d’avion, et on lui demande d’aller à Blagnac. On ne va pas aller la chercher de force. Elle a été déboutée de toutes ses demandes de droit d’asile en première instance comme en appel. Cela fait 3 ans qu’elle est dans l’illégalité. On tient compte de sa situation familiale : elle a un fils mineur et un mari au Congo » a indiqué Nicolas Regny, secrétaire général de la préfecture du Lot.

Selon nos informations, elle a un enfant mineur dans son pays. Elle a fait une demande d’asile politique qui a été refusée en 2015. Cette personne a ensuite fait appel auprès de la Cour nationale du droit d’asile. Appel qui a été rejeté. Elle a été en séjour temporaire pendant 3 ans. À l’issue de ces procédures, sa demande d’asile politique a été refusée en mai 2016. Elle a obtenu une carte de séjour en tant qu’étranger malade. Le 23 mai 2019 il lui a été demandé de quitter le territoire français, ceci après une autre procédure en appel. Après l’avis d’une commission médicale, l’administration a considéré que la maladie dont elle souffrait pouvait être soignée dans son pays. Nous lui avons laissé un délai de 6 mois pour préparer son voyage et rentrer dans son pays » détaille le secrétaire général de la préfecture.

L’émotion dans les yeux d’Hélène

Hélène a tendu ses mains aux plus pauvres. La France lui tend un billet d’avion pour qu’elle retourne en République du Congo.

Hélène ne manquent pas de soutiens qui veulent l'aider à défendre son droit de rester en France.

Hélène ne manquent pas de soutiens qui veulent l’aider à défendre son droit de rester en France

Expulsion : ce mot résonne comme une injuste punition pour Hélène et « toutes les autres personnes étrangères qui seront victimes de la machine à expulser. La France refuse de les régulariser en les maintenant dans la précarité et en les privant de liberté » a poursuivi Céline Gabet. La foule a chanté avec elle.

Les yeux d’Hélène étaient remplis d’émotion. Pas la peine de retirer le masque pour mieux se faire comprendre. Les larmes qui perlent ont parfois plus de force que les mots impossibles à dire tant la douleur morale cassent la voix et les êtres.

La Dépêche

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27/04/2021

Hélène, originaire de la République Démocratique du Congo, est actuellement sous le régime de l’assignation à résidence à Catus, elle vient de recevoir un billet d’avion pour être expulsée de France le jeudi 29 avril prochain. Elle vit en France depuis 2013, nous l’accompagnons depuis plusieurs années dans ses démarches pour régulariser sa situation administrative.

Ce parcours a été très chaotique avec des refus sur sa demande d’asile tout d’abord puis l’octroi d’un titre de séjour pour des problèmes de santé puis un refus puis un recours puis une décision positive du tribunal administratif et un appel de la préfecture contre cette décision …et encore des demandes et encore des recours …

Pendant ce temps, Hélène a reconstruit sa vie en France , elle la partage avec son compagnon Emmanuel, elle s’est fait des amis-es, elle a travaillé dans une entreprise d’insertion, elle a cherché à valider son diplôme d’infirmière, elle a amélioré sa connaissance du français et l’enseigne aussi aux autres, elle est toujours bénévole active dans une association qui fait des maraudes auprès des plus exclus.

Aujourd’hui Hélène fait appel à nous toutes et tous, amis, sympathisants, collectifs et associations dans lesquelles elle s’est investie afin que nous la soutenions contre la décision de la préfecture. Son avocate et la Cimade ont sollicité un RDV auprès de la Préfecture pour réexaminer son dossier et surseoir à son expulsion. Le préfet n’a pas accepté de RDV pour l’instant mais il a répondu à un premier courrier de son avocate qui continue de demander un rdv.

« Hélène est accompagnée depuis plusieurs années dans ses démarches par les associations locales pour régulariser sa situation administrative. Aujourd’hui pour Hélène nous sommes venus dire : Stop aux expulsons, oui aux régularisations. Nous, réseaux militants et associatifs et amis, avons demandé un rendez-vous auprès de la préfecture pour réexaminer son dossier et surseoir à son expulsion. Nous attendons ! »

Blog des Bourians