Calais (62) : « Ils veulent dissuader les exilés de rester », plusieurs assos en colère contre l’interdiction de distribuer des repas aux migrants

Des arrêtés similaires avaient été pris entre septembre 2020 et avril 2022.

Elles dénoncent une « politique du harcèlement » récurrente et « inefficace ». Plusieurs associations d’aide aux migrants ont déploré ce mardi le « retour » des interdictions de distributions alimentaires dans le centre-ville de Calais, après quelques mois sans arrêtés préfectoraux. La préfecture du Pas-de-Calais interdit depuis le 14 août aux associations non mandatées par l’État de distribuer eau et nourriture au niveau de deux quais du centre-ville, un arrêté reconduit lundi jusqu’au 6 septembre.

Des arrêtés similaires, mais sur une zone plus vaste de 31 rues, avaient été pris entre septembre 2020 et avril 2022, provoquant l’ire des associations. La mesure avait alors pour but « de prévenir les risques liés au Covid-19 et aux troubles à l’ordre public », selon la préfecture. Le nouvel arrêté a cette fois « vocation à répondre aux difficultés faisant suite à l’implantation récente et dangereuse de tentes de migrants sur cette zone où la circulation de poids lourds et de véhicules est particulièrement importante et où a été constatée l’accumulation de déchets », argue la préfecture.

« Dissuader les personnes de rester »

« On est dégoûtés. On pensait qu’on en avait fini avec ça », a réagi Pierre Roques, coordinateur à Calais de l’association l’Auberge des migrants. « Ça nous prouve que la politique du nouveau préfet, qui a pris ses fonctions début août, va dans la droite ligne de son prédécesseur », a-t-il regretté. « Il y a une centaine de personnes là-bas parmi lesquelles des familles, des mineurs non accompagnés. L’Etat n’y intervient pas », a renchéri Juliette Delaplace, chargée de mission au Secours catholique. « L’idée, c’est d’affamer, couper les vivres pour dissuader les personnes de rester », a-t-elle ajouté.

« On est, de façon récurrente, dans des arrêtés complètement stupides, inefficaces » car ces gens « qui fuient les attentats, la guerre, continueront de venir », a jugé Jean-Claude Lenoir, président de l’association Salam, dénonçant ce « harcèlement comme seule politique ».

20 Minutes