Calais (62) : Le Secours catholique conteste en justice la fermeture de “La crèche”, un lieu d’hébergement de migrants

Le Secours catholique et l’association diocésaine d’Arras ont contesté mercredi 28 avril en référé devant le tribunal administratif de Lille la fermeture par la mairie de Calais d’un lieu hébergeant des migrants particulièrement vulnérables, ouvert au cours de l’hiver. Depuis début décembre, une quinzaine de migrants, souvent mineurs et essentiellement soudanais, étaient logés dans la maison du doyenné, rebaptisée « la Crèche » et gérée par le Secours Catholique en lien avec le diocèse.

La mairie y a interdit l’hébergement

Par un arrêté du 1er mars, la mairie y a interdit l’hébergement, au motif que la sécurité des personnes n’y serait pas assurée en cas d’incendie.

« Qui peut imaginer […] que les personnes exilées soient davantage en sécurité à la rue, parfois sous des températures avoisinant 0 degré et en pleine crise sanitaire qu’à l’intérieur de ce lieu solidaire au demeurant bien doté d’un dispositif de prévention contre les incendies ? » s’étaient insurgés le Secours catholique et l’association diocésaine dans un communiqué où ils annonçaient contester cet arrêté.

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Ils ont plaidé mercredi 28 avril l’absence de dangerosité des locaux et insisté sur le caractère temporaire de cet hébergement, qui ne changerait pas la vocation du bâtiment. « Les associations sont prêtes à faire évoluer (le dispositif anti-incendies) mais encore faut-il leur donner des indications », a assuré leur avocat, Me Lionel Crusoé, déplorant une mise en demeure aux délais trop courts et sans précisions sur les travaux à effectuer.

« L’État confirme qu’il n’y a jamais eu de saturation du dispositif »

Au nom de la mairie, Me Charlotte Hermary a souligné l’existence de centres d’accueil et d’examen de la situation (CAES) pouvant accueillir les migrants de Calais. « L’État confirme qu’il n’y a jamais eu de saturation du dispositif. En moyenne, 80 à 100 places sont disponibles chaque nuit dans les CAES (du Pas-de-Calais) », a-t-elle insisté.

Me Crusoé a pointé au contraire les faiblesses du dispositif, les bus partant vers les CAES uniquement les jours ouvrés à 9 h 30, de sorte qu’un migrant ratant leur départ ou arrivé au cours du week-end est contraint de dormir dehors.

La décision est attendue dans la journée

« L’urgence, cela peut être de devoir trouver une solution d’hébergement à 22 h pour un jeune de 16 ans rescapé d’un naufrage », a confié la chargée de mission pour les personnes exilées sur le littoral Nord au Secours catholique, Juliette Delaplace. Selon elle, le dispositif d’accueil des mineurs isolés dans le département a été saturé « au moins 14 jours au cours de l’hiver ».

Ouest-France