Callac (22) : La richissime famille Cohen implante une colonie d’une centaine de migrants (Màj : “Le Grand Remplacement on en veut pas !”, réaction de Stéphane Ravier)

18/09/2022

Ce samedi 17 septembre 2022 avait lieu une journée de manifestations à Callac, dans les côtés d’Armor. Il s’agit d’une face à face d’un rassemblement unitaire et patriote contre le “repeuplement africain de nos villes” et une mobilisation antifasciste pour “remplacer l’extrême droite par la solidarité”. En cause, le projet Horizon porté par la commune avec un fond de dotation qui vise à accueillir des familles de réfugiés politiques.

On en parle avec : Stéphane Ravier, sénateur “Reconquête !” des Bouches-du-Rhône. Benoît Cohen, écrivain, cofondateur du Fonds de dotation association “Merci”. Alexis Cuvillier, journaliste politique à BFMTV.

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17/09/2022

17/09/2022

Manifestations à Callac : des mesures radicales pour éviter des affrontements samedi

Face au risque d’affrontements entre militants d’extrême droite et d’extrême gauche samedi, la préfecture et la mairie de Callac ont mis en place un dispositif spécial. Le week-end s’annonce agité à Callac, où militants d’extrême droite et d’extrême gauche vont se retrouver. En cause, une manifestation organisée samedi 17 septembre à 11h, place Jean Auffret devant la mairie, par le parti Reconquête d’Eric Zemmour, contre le projet Horizon, d’accueil de réfugiés.

Une contre-manifestation est organisée à la même heure place du 9 avril 1944, à l’appel d’habitants du pays de Callac et de différentes organisations de gauche et d’extrême gauche. Pour éviter que les deux groupes de manifestants ne se croisent et que les manifestations ne dégénèrent en affrontements, la préfecture, la gendarmerie et la municipalité ont pris des mesures.

Les activités sportives annulées, l’accès au centre filtré

Ainsi, toutes les activités sportives seront annulées samedi matin à Callac (foot, hand, patin, judo…). La mairie, la bibliothèque et la Maison de l’Epagneul Breton seront fermées. Les accès au centre seront filtrés. Le stationnement de tout véhicule sera interdit par arrêté place Jean Auffret (parking devant la mairie), rue de l’Eglise ainsi que place du 9 avril 1944, de 8h à 15h.

Les personnes participant à la manifestation « Reconquête » et arrivant de la D 787 devront rejoindre la place Jean Auffret par le rond-point de Pont Bocher, le boulevard de Kerlossouarn et, à pied, par la rue du Docteur Quéré.

Le stationnement pour les personnes participant à la manifestation organisée par le parti « Reconquête » sera autorisé rue Louis Raoul, sur le parking du stade Francis Bocher et à l’espace Kan An Dour.

Un périmètre interdit aux contre-manifestants

Les personnes participant à la contre-manifestation et arrivant de la D 787 devront rejoindre la place du 9 Avril 1944 par le rond-point du Kerguiniou, la rue de la Gare, et, à pied, par la rue Traversière et la rue Jobic.

Un périmètre intégrant la place Jean Auffret et les rues alentour (rue du Cleumeur, rue de l’Allée, rue Louis Morel, boulevard de Kerlossouarn, rue de la Fontaine,  rue de Tregoat) leur seront interdites par arrêté. Le stationnement pour les personnes participant à la contre-manifestation sera autorisé rue de la Gare.

Un important dispositif de gendarmerie devrait être présent pour assurer la sécurité de chacun. On ignore encore combien de personnes participeront à ces deux manifestations, mais les importants relais de l’événement sur les réseaux sociaux laissent envisager une participation importante des deux côtés.

L’Echo de l’Armor et l’Argoat

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09/09/2022

Avec l’aval du maire, Callac a été choisie par une famille fortunée pour y installer des immigrés. Un «village pionnier» qui pourrait devenir «un modèle duplicable» dans d’autres régions. La contestation monte chez les habitants.

L’idée est de bâtir une «Arche de Noé des temps modernes» en plein cœur de la Bretagne. «Convaincu que les personnes réfugiées sont une chance pour la France», le fonds de dotation Merci, une fondation familiale créée en 2009 pour des actions de solidarité, veut faire «la preuve par l’exemple». C’est donc à Callac, une bourgade de 2200 habitants dans les Côtes-d’Armor, retenue parmi une vingtaine d’autres communes, que s’installera le «projet Horizon» : l’objectif est d’«allier l’insertion de réfugiés au développement d’un territoire». Et que ce «village pionnier» devienne «un modèle duplicable» dans d’autres régions.

«On a construit un projet complet, en traitant tous les aspects, y compris les freins», affirme Chloé Freoa, directrice générale du fonds de dotation et présidente de l’association Horizon. Or, en l’absence de données précises, le projet donne lieu à tous les fantasmes. Dans les rues tranquilles de la petite commune à la population vieillissante, il se murmure avec effroi qu’«une centaine d’Africains» va bientôt venir «repeupler» les maisons abandonnées du centre bourg. Que Callac va devenir «un laboratoire multiculturel».

Submergée par «un nombre incalculable de mails racistes, antisémites, et même des menaces de mort», la mairie hésite à communiquer. Une pétition a recueilli plus de 4000 signatures : «Nous pensons qu’une commune ne peut pas accueillir en quelques années 5% de sa population sans risquer de se transformer profondément», s’inquiètent les signataires. Un collectif « Pour la défense de l’identité de Callac » s’est créé. «Callac est l’exemple de ce qui attend notre pays. C’est le « Grand Remplacement » dans le concret», martèle pour sa part le mouvement Reconquête, qui appelle à une manifestation samedi 17 septembre.

«Une aubaine pour Callac»

Une convention de partenariat a été signée, en avril dernier, entre le fonds Merci et le maire (DVG)Jean-Yves Rolland. «Le projet Horizon est une aubaine pour Callac parce qu’il arrive à point nommé pour redynamiser le cœur de la ville, souligne l’édile dans son dernier bulletin municipal. Le fonds de dotation Merci (…) va, avec l’installation de réfugiés politiques, répondre en termes d’emplois aux manques du territoire, permettre par la création d’une SCIC (Société Civile d’Intérêt Collectif ) de se réapproprier des bâtiments vacants pour certains en péril en les réhabilitant pour y installer des réfugiés». Combien ? «On n’a pas de chiffre à annoncer, ni de date à vous donner non plus», bredouille-t-on à la mairie.

«On s’oriente vers une poignée de familles par an, avance Chloé Freoa. Jusqu’à ce que l’accueil ne soit plus opportun». Tous, insiste-t-elle, seront des personnes auxquelles l’État «a accordé le statut de réfugié politique, et qui bénéficient à ce titre d’une autorisation de séjour de dix ans.» Cet engagement, pris par la famille Cohen, anciens propriétaires de la prestigieuse marque de vêtements pour enfants Bonpoint, est également «porté à de nombreux échelons», souligne la fondation Merci : «l’agglomération Guingamp-Paimpol, le département, la région Bretagne et l’État nous soutiennent».

Au milieu des années 1960, Callac comptait 3.500 habitants. Mais les abattoirs ont fermé, des exploitations agricoles ont disparu, des commerces ont baissé le rideau : aujourd’hui, «de nombreux jeunes sont partis travailler en ville» et la population compte 18% de chômeurs. «Notre diagnostic a révélé que près d’une centaine d’emplois étaient non pourvus sur ce territoire», assure toutefois Chloé Freoa. «On a besoin d’aides-soignants, d’infirmiers pour notre Ehpad, des ouvriers dans le bâtiment aussi, abonde-t-on à la mairie. Beaucoup de gens quittent ces métiers-là car ils sont pénibles». L’association Horizon promet d’aider à la création ou la reprise de commerces et de services, par l’octroi de microcrédits, la mise à disposition de locaux et l’organisation de formations techniques.

«Le vivre-ensemble ne se décrète pas»

Membre du collectif « pour la défense de l’identité de Callac », Michel Riou se récrie: « A Callac, il y a des gens qui cherchent du travail depuis longtemps, pourquoi on ne leur offre pas des formations, des logements réhabilités, à eux ?, s’étonne cet ancien adjoint au maire. Nous, on est apolitique et pas raciste, ça ne nous dérange pas qu’il y ait quelques familles immigrées à Callac. Mais je remarque que ces étrangers n’ont pas trouvé de travail ici. Depuis qu’ils sont là, ils vivent sur le compte de la société…». Aujourd’hui, «indépendamment du projet Horizon, quelque 35 réfugiés sont là depuis plus d’un an, reconnaît la présidente de l’association Horizon. L’idée est de commencer par établir, avec ces personnes un bilan de leurs besoins, pour les accompagner de façon plus cohérente : il y a sans doute des choses à faire en termes de mobilités et de cours de français».

Pour Moulay Drissi, autre membre du collectif, «ce qui caractérise ce projet, c’est d’abord le flou». «Notre maire n’a pas été élu pour cela, puisque ce projet ne figurait pas dans son programme !, fait-il valoir. Or c’est un projet de société ambitieux, qui doit être mené avec l’adhésion constante de la population. Quelle est l’arrière-pensée de la Fondation Merci ? Pourquoi la mairie veut-elle à tout prix faire venir des étrangers ? La solution, c’est que tout le monde joue cartes sur table, et que l’on organise un référendum ». Car, comme le souligne la Fondation Merci , « le vivre-ensemble ne se décrète pas ».

Le Figaro