Carcassonne : La fabuleuse histoire de Moussa, parti d’Afrique en bateau, aujourd’hui en CDI au MacDo

C’est l’histoire de Moussa Koïta. Il n’avait que 15 ans quand il a traversé la Méditerranée sur une embarcation de fortune en 2013. Sept ans plus tard, Alain Grand, le patron du MacDo Cité Drive, l’embauchait en CDI (contrat à durée indéterminée) à plein temps.

Moussa Koïta, du Mali à Carcassonne, en passant par le Burkina Faso, le Niger, la Lybie, l’Italie et Paris. En bus, à pied, en bateau, en train… Un long, très long périple, alors qu’il n’était âgé que de 15 ans. Aujourd’hui, l’homme, qui a fêté ses 23 ans, est installé. Installé paisiblement dans la préfecture audoise. “J’ai pu passer le permis de conduire, m’acheter une voiture, un téléphone portable, un ordinateur, etc.”

Tout cela n’aurait jamais été possible sans Alain Grand, jure-t-il, assis à l’une des tables du restaurant McDonald qui l’emploie. Alain Grand ? Le patron de trois McDo, un à Limoux et deux à Carcassonne, dont celui où est salarié en CDI à temps complet Moussa Koïta depuis juillet 2020.

«C’est ça, McDonalds»

Leur histoire commune débute en 2016, lorsque le centre éducatif et professionnel de Saint-Papoul approche Alain Grand dans le but de lui proposer un stagiaire. L’employeur accepte et accueille donc Moussa dans ses murs. “Dans mon métier, ce qui me plaît, c’est la gestion de l’humain. Vous savez, je dirige tout de même 160 personnes. Alors, je suis très très ouvert au profit, mais il y a des moments où on peut faire profiter les autres, leur permettre de grandir. Et il se trouve que Moussa est formidable. Le courant est passé tout de suite. C’est un travailleur, il rayonne en plus. Il nous apporte quelque chose en plus. C’est ça McDonalds, la diversité, la méritocratie, l’ouverture. J’ai eu la possibilité de faire bouger les lignes, je l’ai fait, car ce qui m’importe, c’est la qualité des personnes”, détaille Alain Grand […].

“Je suis très très très satisfait de mon travail aujourd’hui. Je m’épanouis”, assure Moussa Koïta, qui œuvre en tant qu’agent polyvalent de cuisine.

Une dizaine de frères et sœurs

Tout ne fut pas si facile pour ce jeune Malien. Au pays, il a laissé ses parents une dizaine de frères et sœurs. Durant sa traversée de l’Afrique, il a dû travailler très dur, six mois durant en Lybie, avant de pouvoir espérer rejoindre l’Europe. “Parce que nous avions des problèmes d’argent, et comme je suis l’aîné, j’ai pris mes responsabilités, je suis parti.”

De la mécanique viticole à la restauration

Au début, en France, il y eut naturellement des galères, des transferts de foyer en foyer… Mais pas que. “Je garde un lien très fort avec ma famille.” A Saint-Papoul, il a pu apprendre un premier métier dans la mécanique viticole, avant de bifurquer vers la restauration.

“C’est un battant Moussa, il est courageux. A l’époque de son contrat d’apprentissage, il prenait le train tous les jours pour Béziers !” raconte, admiratif, son patron.

Le jeune homme ne manque, en tout cas, pas d’ambition et n’écarte absolument pas une belle progression de carrière chez McDo.

S’il n’est encore jamais retourné au Mali, il contacte sa famille tous les jours. “C’est très important pour moi. Je garde un lien très fort avec eux tous !”

L’Indépendant