Castres (81) : un nouveau cas d’apprenti boulanger guinéen menacé d’expulsion

Entouré par sa patronne et son éducatrice du foyer de Lagarrigue, le jeune Sékou revêt, le temps d’une photo, l’uniforme de boulanger.

Arrivé en France à 15 ans et demi, Sékou Camara a suivi une formation de boulanger à Castres. Désormais majeur, le Guinéen  est sous la menace d’une expulsion du territoire, et lutte aux côtés de sa patronne pour obtenir le droit de rester en France.

…Arrivé en France en février 2019, à tout juste 15 ans et demi, le jeune homme, né en Guinée, a d’abord cherché sa voie.

Après un cursus entamé au lycée hôtelier de Mazamet, c’est finalement vers un CAP boulanger au CFA de Cunac qu’il s’est orienté, après un stage révélateur au sein de la boulangerie Didier de Castres, où il a été pris en apprentissage en novembre 2019.

Au sein de l’établissement, Sékou fait l’unanimité, plus encore aux yeux de sa patronne Laure Didier, qui ne tarit pas d’éloges à son sujet […].

Acte de naissance falsifié

En effet, le jeune guinéen a fêté sa majorité en décembre dernier. Et c’est un mois après qu’il a reçu de la Préfecture du Tarn une obligation de quitter le territoire français (OQTF). L’apprenti boulanger est soupçonné d’avoir présenté un acte de naissance falsifié à son arrivée en France, à la Préfecture de Nîmes.

Dès lors, la Préfecture a saisi ses papiers, et son apprentissage s’est terminé. Depuis, les jours se suivent et se ressemblent pour Sékou Camara, désormais même sous le joug d’une assignation à résidence.

Et le temps commence à se faire long : « Je ne fais rien de mes journées […], ce travail et ma patronne, c’est tout pour moi. Ils m’ont fait grandir. »

Après avoir engagé les services d’une avocate spécialisée, Laure Didier et Sékou Camara ont tenté de faire annuler l’OQTF auprès du tribunal à deux reprises, sans succès […].

« Je suis censée faire quoi, faire comme s’il n’avait jamais existé ? […] », explique Laure Didier.

Contactée, la Préfecture du Tarn s’est exprimée sur la situation de Sékou Camara : « Les dossiers de ressortissants étrangers qui souhaitent demeurer sur le territoire français sont instruits par les services de la préfecture au regard de chaque situation individuelle ou familiale, notamment du code de l’entrée, du séjour des étrangers et du droit d’asile qui s’appliquent à tous les étrangers et demandeurs d’asile de manière équitable sur l’ensemble du territoire. Au regard de ces critères, M. Camara ne remplit pas les conditions pour une régularisation et une décision d’éloignement a été prise par Mme la préfète du Tarn. La préfecture se rangera cependant aux décisions de la juridiction administrative qui a été saisie sur cette situation.»

La Dépêche