“Ce dont la presse ne parle pas, de peur d’être accusée de transphobie”

Au Royaume-Uni, la clinique de Tavistock, célèbre pour prise en charge médicale de la transidentité est accusée de multiples manquements. Or, de solides études montrent que la grande majorité des adolescents mal à l’aise avec leur identité sexuée ne persistent pas dans leur demande de transformation après la puberté (85 %).

Ça se passe à moins de 400 km de Paris. À Londres. Et ça pourrait bientôt traverser la Manche. The Times publie régulièrement des articles sur un sujet sociétal délicat, la transidentité et sa prise en charge médicale. Notamment celle qu’a mise en place la clinique de Tavistock, fameuse pour avoir accueilli dès les années 1920 des psychanalystes éminents. Or, dans les années 2000, cette clinique, sous contrôle du National Health Service, s’est convertie dans la prise en charge des enfants atteints de « dysphorie de genre » (inadéquation entre le sexe de naissance et le sexe « ressenti »).

Voici les titres d’une série d’articles publiés par The Times ces derniers mois : « La clinique de Tavistock n’est pas sûre pour les enfants, selon un rapport » (10 mars 2022). « La clinique de Tavistock pour adolescents transgenres : qu’est-ce qui a mal tourné ? » (28 juin 2022). « Fermeture de la clinique de genre de Tavistock » (30 juillet 2022). « Le scandale de la clinique de Tavistock montre les dangers des groupes de pression dans la fonction publique » (30 juillet 2022). « La clinique de genre de Tavistock va être poursuivie par 1 000 familles » (11 août 2022).

Contradiction

En 2021, Tavistock a traité plus de 5.000 demandes, contre 250 il y a dix ans. Les parents, avertis par les activistes trans que l’absence d’accès précoce à un traitement hormonal avant la puberté pourrait conduire au suicide de leurs enfants, ont assiégé la clinique. Le Gender Identity Development Service (service de développement de l’identité de genre) de la clinique est aujourd’hui accusé de multiples manquements, tels que d’avoir prescrit à vie des bloqueurs de puberté aux effets secondaires nocifs et d’avoir adopté une « approche sans discussion » avec des enfants vulnérables s’identifiant comme transgenres (près de 20.000 en vingt ans). Or de solides études montrent que la grande majorité des adolescents mal à l’aise avec leur identité sexuée ne persistent pas dans leur demande de transformation après la puberté (85 %).

Les effets sur les enfants de Tavistok ont été évalués : anorexie, automutilation, isolement et rupture des relations. Ils n’ont souvent eu, comme horizon, que les opérations chirurgicales extrêmement mutilantes (ablation des seins et des parties génitales, suivie d’une reconstruction non fonctionnelle). Ces effets sont le résultat de la contradiction logique sur laquelle reposent ces pratiques : pourquoi, si les organes sexuels ne définissent pas le genre (comme le disent les études de genre), faut-il absolument les rendre ressemblant au sexe choisi ?

Les mêmes problèmes existent en France, sauf que la presse n’en parle pas, de peur d’être accusée de transphobie. Un anathème qui tombe immédiatement sur ceux qui doutent des diktats des activistes, lesquels ont décrété la fin de la binarité femme/homme et décidé qu’il fallait tout réviser : les soins à l’enfance, les lois, les pratiques amoureuses, les arts et la langue…

Marianne