Cesson (77) : Moctar, un jeune migrant malien, va enfin devenir électricien grâce à Valérie et Jacques

Un jour de 2018, au détour d’un chantier, une association a proposé à Jacques et Valérie Gulyas, frère et sœur à la tête de l’entreprise Serilec, à Cesson (Seine-et-Marne), d’embaucher un jeune migrant en formation. D’autres auraient peut-être décliné poliment, eux n’ont pas mis bien longtemps avant d’accepter de «tenter l’expérience».

«Ça m’a fait penser à mon papa. Il a quitté la Hongrie pendant la révolution de 1956 et a créé ces sociétés en France», explique Valérie Gulyas, 60 ans. «On est aussi des migrants quelque part», abonde son frère.

«On est là pour qu’ils deviennent des cadors»

C’est ainsi que Moctar B., un Malien de 19 ans aujourd’hui, est arrivé en CAP dans cette entreprise d’électricité. Avant cela, il avait eu un parcours chaotique entre son pays d’origine, qu’il a quitté enfant accompagné de son oncle, et son arrivée en France seul, après la mort de ce dernier en cours de route. Un long périple dont les patrons devinent les stigmates. «Moctar m’en a parlé un peu, de son histoire. Mais il ne veut pas trop s’attarder» […]

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