“C’est l’incompréhension totale !” : à Levallois, pas de grande célébration pour la fin du ramadan

Jeudi 13 mai 2021 marque la fin du ramadan. À Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), aucune grande célébration ne pourra avoir lieu. Au grand dam de la communauté mahométane.

En 2020, plus de 2000 fidèles musulmans s’étaient réunis au stade Didier Drogba de Levallois (Hauts-de-Seine) pour célébrer l’Aïd-el-Fitr. (©Valentin Dunate/Radio France/Maxppp)

L’image avait fait le tour des réseaux sociaux et des médias. Plus de 2000 fidèles regroupés en plein air sur la pelouse du stade Didier-Drogba pour célébrer la fin du ramadan. Ce rassemblement organisé en mai 2020 par la communauté musulmane de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) ne sera pas possible jeudi 13 mai 2021 pour fêter l’Aïd-el-fitr. 

En dépit de la volonté de la municipalité et des responsables religieux, aucune autorisation n’a été accordée pour mettre en place une cérémonie en plein air réunissant des centaines de fidèles : une directive du Préfet appliquant des instructions venues directement de Gérald Darmanin, le ministre de l’Intérieur.

« Contre-productif »

« C’est l’incompréhension totale ! », fustige Ali Essebki. Le président de l’Union des musulmans de Levallois-Perret « ne comprend pas comment on peut dire depuis quelques mois qu’il faut être dehors et, d’un autre côté, nous interdire de célébrer l’aïd en plein air. » Le représentant des fidèles est d’autant plus amer que « l’année dernière, ça s’était très bien passé, dans le respect des mesures de distanciation. »

À défaut d’un grand office sur la pelouse du stade, ce sont donc trois célébrations qui seront organisées à la mosquées. Mais Ali Essebki prévient : « on ne pourra pas accueillir tout le monde. On est dans l’incapacité de recevoir les femmes et les enfants. » Seuls les hommes pourront donc venir prier dans une salle qui peut contenir en temps normal 700 croyants. Jeudi, ils ne seront que 250 par célébration. « Je vous laisse imaginer les queues qu’il va y avoir à l’extérieur… ça va être contre-productif. » 

Courrier au préfet

La non-organisation d’une grande célébration fait également craindre au fidèle des rassemblements spontanées en dehors de tout cadre. « Il risque d’y avoir ce type de comportement déviant, mais je ne l’espère pas : il faut respecter la loi » enjoint Ali Essebki.

De son côté, la municipalité déplore une décision « prise en dépit de tout bon sens. » Malgré un courrier adressé au Préfet la semaine dernière, la maire Agnès Pottier-Dumas (LR) n’est pas parvenue à faire fléchir le représentant de l’État sur sa position.

Alors que des célébrations de Noël avaient pu être organisées au palais des sports Marcel-Cerdan, réunissant 1500 personnes lors de deux offices différents, c’est donc dans un cadre bien plus restreint que les musulmans fêteront la fin du ramadan.

actuHauts-de-Seine