Chambéry (73) : Affaire Anna-Chloé, le brevet blanc du collège délocalisé à cause d’une manifestation anti-raciste

Ce vendredi 21 janvier, une quinzaine de personnes se sont rassemblées devant le collège Notre-Dame-du-Rocher à Chambéry pour soutenir Anna-Chloé, grièvement blessée au visage le 15 décembre dans la cour. Le collège a décidé de délocaliser les épreuves du brevet blanc prévues cet après-midi.

Plus d’un mois après le début de l’affaire Anna-Chloé, la tension est toujours vive à Chambéry. Une quinzaine de personnes se sont rassemblées ce vendredi après-midi devant le collège Notre-Dame-du-Rocher autour de la mère de la collégienne, grièvement  blessée au visage dans la cour le 15 décembre dernier.

Une manifestation devant un collège vide

Venus de Grenoble, des représentants d’associations comme le Comité traite négrière/esclavage (CTNE), le Front uni des immigrations et des quartiers populaires (FUIQP) ou encore le Comité d’action sociale des originaires d’outre-mer de l’Isère (CASOMI) étaient présents.

La mobilisation s’est tenue devant un collège vide puisque la Direction Diocésaine de l’Enseignement Catholique de la Savoie avait anticipé et décidé de délocaliser dans un autre établissement les épreuves du brevet blanc qui devaient se tenir ce vendredi après-midi : “on a décidé de délocaliser pour plus de sérénité, certains élèves sont très touchés, le personnel est aussi en souffrance, c’est très compliqué “.

Une mobilisation en live sur les réseaux sociaux

Madeleine Lunet, la mère d’Anna-Chloé, avait appelé sur les réseaux sociaux ses soutiens à venir ce vendredi après-midi devant le collège privé. Elle est arrivée avec un carton rempli de plusieurs dizaines de t-shirts floqués avec le visage tuméfié d’Anna-Chloé, qu’elle a distribués gratuitement. Mais la foule escomptée n’était pas au rendez-vous, une quinzaine de personnes seulement étaient présentes.

Elle a lancé un live devant le collège privé et est resté en ligne face à son téléphone tout au long de la mobilisation. Tout en se filmant, Madeleine Lunet a répété à plusieurs reprises : “likez, partagez !“.

Plus d’un mois après les faits, la mère de l’élève de 6ème se dit toujours convaincue que sa fille a été poussée et elle affirme qu’elle a été victime de harcèlement et de racisme. Elle demande toujours au collège de fournir les images de vidéosurveillance du jour de l’accident.

L’enquête, qui est toujours en cours, ne confirme pas cette version. “Les caméras n’enregistrent pas, il n’y a absolument rien à cacher” explique  l’avocat de l’établissement scolaire et de son directeur, maître Pierre Perrez.

Au moins une vingtaine de personnes entendues par la police

D’après les informations de France Bleu Pays de Savoie, au moins une vingtaine de personnes ont été entendues dans cette enquête : élèves, surveillants et professeurs. Tous les témoignages vont dans le sens d’une chute accidentelle. “Personne n’a vu Anna-Chloé se faire pousser avant de chuter sur ce banc en fer qui l’a grièvement blessée au visage” ajoute Pierre Perez qui avait déjà déposé une plainte contre Madeleine Lunet pour “incitation à la haine et à la violence” suite à ses propos visant le collège et le directeur.

Humainement, le personnel a vécu des menaces de mort en permanence, on a eu des arrêts de travail de personnels usés, il y a une très importante souffrance dans l’établissement” précise Pierre Perez. “Le directeur du collège et sa famille sont toujours sous protection des gendarmes et le collège est encore sous la protection des policiers de Chambéry, ils ont quand même autre chose à faire”.

Cette affaire bloque tout le service de la protection des mineurs depuis plus d’un mois, tout ça pour rien !” ajoute maître Perez.

Anna-Chloé est elle même visée par une plainte de la maman d’une autre élève du collège Notre-Dame-du-Rocher parce qu’elle avait proféré contre elle des menaces de mort sur les réseaux sociaux” précise Pierre Perez.

Anna-Chloé a repris les cours dans un autre collège chambérien ce mercredi 19 janvier.

France Bleu