Chamonix (74) : Cinq migrants alpinistes tentent l’ascension du Mont-Blanc avec l’association Yambi

L’association haut-savoyarde Yambi, créée en 2020 fondée par Clélia Compas à Annecy, va tenter de faire grimper le Mont-Blanc à cinq jeunes réfugiés le 23 juillet prochain. Accompagnés de deux guides de haute-montagne, Grace, Qambar, Abdul, Jomah-Kan et Sikou ont commencé leur préparation physique en mai.

Cette idée est née l’été dernier, quand on est partis marcher à Chamonix avec 6 jeunes. Sikou était assis à côté de moi dans la voiture et on s’est retrouvés face à cette énorme montagne, sur l’Autoroute du Mont Blanc”, raconte la jeune fondatrice de l’association. “Je lui ai expliqué que c’était le Mont-Blanc. Pendant toute la randonnée, les jeunes étaient fascinés. _On leur a dit que c’était plus de l’alpinisme que de la randonnée, que ça demandait beaucoup d’entrainement mais que c’était faisable._ 

Le projet a alors très vite mûri dans la tête de Clélia et de son petit-ami, lui aussi membre de l’association. Entourée par Marion Haerty, triple championne du monde de snowboard freeride, et des guides de haute-montagne, l’équipe partira le 23 juillet à la conquête du Mont-Blanc

On s’est dit que c’était un super challenge pour les aider à reprendre confiance en eux. – Clélia Compas, fondatrice de l’association Yambi

L’association a fait appel à Christine Janin pour le parrainage. C’est la première française a avoir gravi l’Everest. Elle a accepté cette proposition avec joie : _”_le projet Yambi donne un objectif à ces jeunes, c’est formidable ! Plusieurs d’entre eux attendent leurs papiers. Alors ce défi, c’est une bulle d’air. Selon l’association, en moyenne, une personne réfugiée doit attendre entre 1,5 et 2 ans pour obtenir le statut de réfugié, si elle l’obtient. Pendant ce temps, impossible de travailler et difficile donc de s’insérer dans la société. 

Depuis le mois de mai : une préparation physique accrue

Christine Janin aide les cinq jeunes à se préparer pour l’ascension : “il faut savoir s’acclimater, ralentir, se rendre compte que si l’on est asphyxié par moment, c’est normal : on s’arrête, on reprend son souffle et on redémarre. Et puis si on a mal à la tête, si on a envie de dormir, si on a des pertes d’équilibre… alors il faut savoir dire stop.” L’alpiniste et docteure souhaite rendre les futurs grimpeurs avertis : “il faut bien qu’ils comprennent que si ça ne se fait pas, ça sera une autre fois. Le mal des montagnes c’est physiologique, il y a des gens qui supportent bien l’altitude, et d’autres pas du tout.”

Une campagne de financement participatif

Pour mener à bien ce grand projet, ce “cercle vertueux” comme l’appelle Christine Janin, Yambi a lancé une campagne de financement participatif

France Bleu