Château-Gontier-sur-Mayenne (53) : Mobilisation d’une agence d’intérim pour le chanteur et bénévole associatif guinéen Mohamed Lamine Diaby menacé d’expulsion

Mohamed Lamine Diaby est arrivé en Mayenne, fin 2018, après avoir fui la Guinée, son pays d’origine. Il a participé bénévolement à la vie associative et culturelle de Laval, par le biais de représentations artistiques. Malgré une promesse d’embauche à durée indéterminée et son implication dans la vie associative locale, sa demande d’asile a été rejetée. L’agence d’intérim Abalone, à Château-Gontier-sur-Mayenne, se mobilise pour l’aider.

Lamine Diary

« J’ai toujours voulu chanter, mais ce n’était pas accepté par ma famille, qui est issue d’une ethnie très radicale. Tous les jours, c’était des coups, des privations de nourriture. Alors en 2012, j’ai quitté la Guinée. » Mohamed Lamine Diaby, 30 ans, a connu de nombreuses épreuves. Après avoir passé plusieurs années au Mali, il entame une traversée vers l’Europe, qui le mène d’abord en Espagne. De là, il rejoint Paris, puis la Mayenne, fin 2018.

Investi dans la vie associative et professionnelle

Il fait une demande d’asile à l’Ofpra (Office français de protection des réfugiés et apatrides) et en décembre 2019, obtient une autorisation de travail. « Depuis juillet 2020, il est en intérim à l’entreprise Bonna Sabla de Craon, spécialisée dans la préfabrication en béton, explique Linda Mahé, responsable de l’agence d’intérim Abalone, à Château-Gontier-sur-Mayenne. L’idée, c’était qu’il puisse y aller tous les jours pour subvenir à ses besoins. Il a réussi à trouver un logement, dont il paye le loyer chaque mois. »

Lamine et le théâtre du tiroir à Laval

Avec sa collègue Charlotte Archambeaud, elles ont décidé de soutenir Mohamed Lamine Diaby, qu’elles qualifient de « motivé, compétent et toujours de bonne humeur ».

Mais le 15 février 2021, le couperet tombe. Sa demande d’asile est rejetée. « Ça m’a choqué », confie le jeune Guinéen. Une décision que ne comprennent pas non plus les gens qui l’entourent. « Depuis qu’il est arrivé, il s’est investi dans la vie culturelle et associative locale, notamment au Théâtre du tiroir », appuie Maryse Brahim, bénévole à la Porte ouverte et aux Hébergeurs solidaires, à Laval (Mayenne), qui l’accompagne dans son parcours.

Une pétition en ligne

Par ailleurs, « il a signé une promesse d’embauche en contrat à durée indéterminée intérimaire le 1er mars. » Mais pour le moment, Mohamed Lamine Diaby n’a d’autre choix que d’arrêter son travail et quitter son logement.

La seule solution qui s’offre aujourd’hui à lui : « Que le préfet de la Mayenne lui donne l’autorisation de rester ici », précise Maryse Brahim. Une pétition a été mise en ligne samedi 27 mars 2021, sur le site change.org, qui a déjà reçu 182 signatures. « Nous irons la présenter à la préfecture le 13 avril, jour de sa convocation. » Par ailleurs, Mohamed Lamine Diaby dispose de plus de soixante attestations manuscrites de différents soutiens.

« Je me souviens qu’une phrase qu’il m’a dite, qui m’a marquée : J’ai passé trois jours en mer et je ne suis pas mort. Ce n’est pas ça qui va me tuer », conclut Linda Mahé.

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