Châteauroux (36) : plus de deux cents manifestants unis contre l’extrême droite

À l’appel de treize organisations de gauche, plus de deux cents manifestants ont défilé dans le centre-ville, samedi 11 décembre 2021 dans l’après-midi, afin de porter une autre voix dans le débat politique actuel.

« Racisme-fascisme : hors de la République. Oui à la solidarité, oui à la fraternité. Nous sommes tous des enfants de la migration. » Les slogans sur les pancartes ne laissent pas de place au doute.

Samedi 11 décembre dans l’après-midi, les militants contre l’extrême droite se sont réunis place de la Victoire-et-des-Alliés. Treize organisations de gauche (1) ont ainsi appelé à marcher contre l’extrême droite pour faire entendre un autre son de cloche dans le débat politique et médiatique actuel.
Gislaine Millet, présidente de la Ligue des droits de l’Homme dans l’Indre, a pris la parole devant la préfecture au nom de toutes les organisations présentes : « Nous sommes réunis pour dire non à l’extrême droite. On entend moins ceux qui sont opposés à ce courant. Le rejet des autres, les boucs émissaires désignés, la haine qui suinte de partout Nous rejetons complètement tout cela et nous souhaitons qu’il y ait un peu plus de vivre ensemble, de fraternité. »
« Une réponse globale des organisations progressistes du pays » Les organisations de gauche, qui ne parviennent pas à s’unir pour la présidentielle 2022, ont donc fait front commun et dénoncé une atmosphère générale plus que délétère dans le débat public. Si le 12 juin dernier, les militants de gauche – environ 150 personnes – s’étaient déjà réunis pour dénoncer la droitisation extrême des débats, ils étaient 220 au bas mot, ce samedi, dans les rues de Châteauroux pour marteler que les seules valeurs qui vaillent sont celles de la République : liberté, égalité, fraternité.

Antoine Léaument, représentant de La France insoumise, a rappelé l’origine de ce mouvement. « Nous avons lancé une proposition à l’ensemble des organisations associatives, syndicales et politiques. Avec cette Famille gallicane qui s’est implantée dans notre département et qui, lors des manifs anti-pass, avait mis en évidence des gens de la France insoumise et de la CGT. À partir du moment où des gens s’arment, ciblent des musulmans, des juifs, des syndicalistes et des opposants politiques, il doit y avoir une réponse massive et collective à ces menaces qui pèsent sur la sécurité des citoyens. Dans ce contexte de menace de l’extrême droite, il faut une réponse globale des organisations progressistes du pays. »

Les deux manifestations ne devaient pas se croiser

Le représentant de la France insoumise – mouvement qui a participé, par le passé, aux manifestations anti-pass – ne voit pas de contradiction à s’unir aujourd’hui avec les organisations de gauche. « Je suis solidaire du mot d’ordre des manifestations, indique Antoine Léaument. Le pass sanitaire est un problème majeur pour la liberté dans notre pays. Cette société est devenue celle du contrôle permanent et je ne suis pas pour laisser l’extrême droite s’approprier un mouvement de contestation contre le pass sanitaire. »

Hier, la manifestation qui devait initialement partir de la place de la République pour se dissoudre devant la préfecture a emprunté le parcours inverse, sur ordre des services de l’État. L’objectif officiel était que les deux cortèges – celui des militants de gauche et des anti-vaccs – ne se croisent pas. Pas de bol, le premier est arrivé du rond-point de Bombardon alors que l’autre (80 manifestants) descendait l’avenue Victor-Hugo. Les militants aux mots d’ordre bien différents se sont regardés en chien de faïence quelques instants, au niveau de la place de la République, avant qu’un gentlemen agreement soit trouvé.

Scène ubuesque, les anti-extrême droite ont laissé passer les anti-vaccs sans anicroche. Pacifique du début à la fin, la gauche unie a même réussi à mettre ses paroles en acte. Chapeau !

La Nouvelle République