Châteauroux (36) : Saber Daoud, le président de la mosquée a “la France chevillée au corps”

En novembre, Saber Daoud s’était insurgé contre les accusations de racisme contre la France, émanant de certains pays musulmans. Le président de l’Association cultuelle des musulmans de l’Indre et de la mosquée Ibn-Abbas, qui réunit principalement des membres de la communauté algérienne, s’était exprimé dans nos colonnes. « La France n’est pas un pays raciste », justifie-t-il encore aujourd’hui.

La meilleure preuve en est, pour lui, son propre parcours. Né à Thiers, Saber Daoud s’est engagé dans l’armée à l’âge de 19 ans. « Je n’étais pas très à l’aise à l’école. » C’est son intégration au sein de 517e Régiment du Train qui l’a mené à Châteauroux. « J’ai combattu en Côte-d’Ivoire, au Tchad et au Bénin. La France, je l’ai chevillée au corps. »

À la dissolution du 517e, Saber Daoud, qui jouit de la double nationalité franco-algérienne, aurait pu poursuivre sa carrière sous les drapeaux. « Mais la famille a toujours été mon point faible. » Son épouse, rencontrée en Algérie, l’a convaincu de rester. « Je suis militaire dans le cœur mais j’aime vivre à Châteauroux. »

À 39 ans, il a trouvé son équilibre avec ses quatre enfants. « La ville est calme, on trouve la nature au Poinçonnet ou dans la Brenne. Le cadre est idéal pour leur éducation. » Il s’est investi au sein du club de football de l’EGC Touvent, dont il est l’un des dirigeants, et donc de la mosquée dont il est président depuis un an et demi. « J’en étais déjà membre lorsque j’étais militaire. La foi aide quand on part en mission. »

Saber Daoud est actuellement chauffeur pour une entreprise de transport castelroussine. Mais il cherche sa voie professionnelle. « Je me suis inscrit pour passer le diplôme d’accès aux études supérieures », confie-t-il. Cet équivalent du baccalauréat lui permettra, d’ici deux ans, de voir plus loin. « Une licence d’histoire, ce serait pas mal. » Avec l’espoir de travailler dans le social ou l’éducation. « C’était maintenant ou jamais. Nous avons la chance, en France, d’avoir toutes ces possibilités », insiste-t-il encore. […]

Et comment jouir des différences. « L’islam devrait une richesse et non un point noir pour la France. » Tout comme lui s’adapte aux traditions. « Je ne fête pas Noël mais nous offrons des cadeaux à nos enfants pour les récompenser du travail fourni à l’école. » Sans se renier mais en profitant de sa double culture.

La Nouvelle République