Chine : Le milliardaire Jack Ma, fondateur d’Alibaba.com, a mystérieusement disparu depuis le mois d’octobre

Porté « disparu ». Depuis fin octobre, le milliardaire chinois Jack Ma, né Ma Yun, fondateur du site d’e-commerce Alibaba, n’a pas donné signe de vie. La dernière apparition du 25e homme le plus riche du monde (selon le classement Bloomberg) remonte au 24 octobre.

Ce jour-là, Jack Ma a tenu un discours particulièrement critique vis-à-vis du régime chinois. Lors de cette prise de parole remarque, l’homme de 56 ans avait appelé à une réforme du système financier chinois. Ces déclarations avaient entraîné une convocation par les autorités et des sanctions financières à son égard.

Pékin avait choisi de suspendre l’entrée en bourse d’Ant, la banque en ligne d’Alibaba. Cette annulation a fait plonger l’action du groupe de Jack Ma. Le 24 décembre, le régime communiste a annoncé l’ouverture d’une enquête soupçonnant le groupe de « pratiques monopolistiques ». Malgré tous ces rebondissements, le milliardaire chinois n’est pas apparu une seule fois en public pour réagir. Le dernier tweet du milliardaire date du 10 octobre 2020.

Pourtant, des rendez-vous étaient notés à son agenda, comme sa participation au jury de la finale de l’émission Africa’s Business Heroes en novembre. Il a été remplacé par une collaboratrice du groupe Alibaba qui a précisé que Jack Ma était confronté à un problème d’emploi du temps.

Le régime chinois n’hésiterait pas à neutraliser les hommes d’affaires critiques vis-à-vis du pouvoir. Plusieurs exemples sont cités : Ren Zhiquiang, magnat de l’immobilier, a été condamné à 18 mois de prison ; Sun Dawu, fondateur du groupe du même nom, a été arrêté après avoir critiqué l’intervention de la police dans un différend sur des terres agricoles sur le réseau social Weibo.

Le milliardaire Guo Wengui, qui a fui la Chine en 2014, avait par ailleurs tweeté en 2019 que Jack Ma « finirait probablement en prison ou mort » en 2020 car la Chine « veut reprendre le contrôle » de sa société. Reste à savoir si ses prédictions sont bonnes.

Financial Times