Ciboure (64) : Une nouvelle procédure “gagnant-gagnant” pour accueillir dignement les gens du voyage

C’est à la fin du mois de juillet que le jeune maire de Ciboure, Eneko Aldana-Douat, fraîchement élu, est informé de l’arrivée au Pays basque de plusieurs groupes de gens du voyage, dont certains seraient plus compréhensifs que d’autres. Le maire , expérimente une nouvelle procédure pour accueillir dignement les gens du voyage. Elle a été testée cet été et est devenue la règle. […]

Après une discussion avec le chargé de mission de la Communauté d’agglomération Pays basque (CAPB), qui travaille de concert avec les municipalités pour recevoir ces populations dans de bonnes conditions, Eneko Aldana-Douat accepte d’accueillir un groupe de 60 familles sur la plaine des sports de Ciboure. « Soit on est passif et on attend qu’ils arrivent, soit on choisit un groupe que l’on accueille au travers d’une convention », se dit-il. […]

60 familles, 120 caravanes

La Ville de Ciboure s’était ainsi préparée à la venue, dimanche 2 août, de 60 familles. « Sauf que pour nous, 60 familles, c’est 60 caravanes. Pour eux, ce sont deux caravanes par famille. » En définitive, 120 caravanes débarquent sur le terrain communal. « L’erreur provient, pour partie, des services de la CAPB, qui l’a reconnue, mais aussi d’un deuxième groupe qui s’est greffé au premier. L’accord n’a donc pas été respecté et les mesures qui avaient été prises en anticipation n’ont pas pu être correctement mises en œuvre », déclarait, dans un premier temps, la mairie de Ciboure visiblement échauffée.

Celle-ci dépose alors un référé auprès du tribunal administratif pour demander une expulsion du terrain communal. Les préfectures françaises ne délogent plus les gens du voyage lorsqu’il n’y a pas assez d’aire d’accueil pour eux sur le territoire. L’imbroglio a donc découlé, dans un deuxième temps, sur des pourparlers.

« Nous étions mis devant le fait accompli. Et, il n’y a pas de tarification d’occupation du domaine. Alors, en bonne intelligente, on leur a proposé de payer les fluides, eau et électricité. En retour, ils nous ont proposé de faire un don qui a largement couvert leur occupation de la plaine des sports pendant un mois et demi. De plus, nous connaissions le jour et l’heure de leur départ. Avant la rentrée de septembre, il n’y avait plus de caravanes sur la plaine des sports. »

Après Bayonne, Ciboure est la ville basque à avoir accueilli le plus grand nombre de caravanes en 2020, par rapport au nombre d’habitants. C’est aussi la seule ville à avoir reçu des dons. Une relation gagnant-gagnant qui pourrait faire des émules.[…]

Sud Ouest