Cinéma : ADN, « un film contre le racisme, sans en parler », réalisé par Maïwenn qui renoue avec ses origines algériennes

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Neige rend régulièrement visite à Émir, son grand-père algérien qui vit désormais en maison de retraite. Elle admire ce pilier de la famille qui l’a élevée et protégée de la toxicité de ses parents.

Les rapports entre les nombreux membres de la famille sont compliqués et les rancœurs nombreuses… La mort du grand-père va déclencher une tempête et une profonde crise identitaire chez Neige. Elle va alors vouloir comprendre son ADN. […]

– Dans le film, il y a une mère franco-algérienne, un père d’origine asiatique… C’est aussi votre cas. S’agit-il d’un récit autobiographique ?

« Ce qui est vrai également, c’est que mon grand-père est mort il y a peu et qu’à son enterrement, ma mère m’a empêché de parler (comme dans le film). Le reste, ce sont des fantasmes, des remords, ce que j’aurais aimé voir, entendre, faire. Malheureusement, je porte cette étiquette de faire des films autobiographiques, mais je ne me reconnais pas dans ce terme. Mes films ne représentent pas ce que j’ai vécu, mais mon mental. Je transcende des personnages que j’ai cru connaître ou apercevoir. Il ne s’agit pas d’une reconstitution. Ce qui est vrai aussi, c’est que je suis partie en quête de mes origines. J’ai l’impression que l’Algérie vit en moi. »

– Quelle est la définition de l’ADN, telle que vous l’appréhendez ?

« L’ADN, ça n’est pas qu’un test. Il y a aussi l’ADN du cœur… En faisant un test, mon personnage réalise même qu’il n’a pas grand-chose de l’Afrique du Nord, mais il choisit son ADN d’une certaine manière. Les peuples ont migré à travers les âges. En Algérie, les ancêtres pouvaient venir d’Espagne, d’Italie, du Niger… Je voulais faire un film contre le racisme, sans en parler. Le plus beau compliment qu’on puisse me faire en sortant de ce film, c’est qu’on se dise citoyen du monde. »

– Est-on forcément un jour rattrapé par l’envie de découvrir son ADN profond ?

« Moi, ça m’est venu. Il y a sans doute des gens qui ne se poseront jamais la question. Je crois que c’est une question liée à l’amour. Si j’avais été aimée correctement par mes parents, je n’aurais pas eu besoin de me rattacher à un pays, comme si ce pays, c’était les bras dont j’ai manqué. Il n’y avait que ceux de mon grand-père où j’étais bien tout le temps. C’est peut-être pour ça que j’ai fait une fixette sur l’Algérie. » […]

– Avez-vous trouvé des réponses en faisant ce film ?

« Ça ne se passe pas comme ça. J’ai trouvé des réponses, donc j’ai fait ce film. »

– Dans quel état souhaiteriez-vous que les spectateurs sortent de votre film ?

« J’aimerais qu’ils se posent des questions sur le rapport qu’ils ont avec l’intégration des étrangers, notamment ceux originaires d’Algérie. On a été quand même le même pays pendant 132 ans, il n’y a pas si longtemps. Ça ne fait que deux pages dans certains manuels scolaires, alors que ça explique tellement de choses qui se passent aujourd’hui. » […]

La Voix du Nord

3 Commentaires

  1. son grand père était au FLN, sa mère a eu cinq gosses avec 3 pères différents

    famille de détraquées, elle et sa soeur se sont surtout illustrées en posant a poils dans la moitié de leurs films voir carrément dans la presse pour routiers, mais elles ont pas été jusqu’à tourner des vrais pornos, faudrait pas les prendre pour des putes non plus.

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