Cinéma : “Any day now”, la vie d’un Iranien de 13 ans dans un village finlandais est bouleversée lorsque sa famille se voit refuser l’asile

Pour son premier film, Hamy Ramezan a choisi de regarder en arrière. De se replonger dans son enfance… qui fait écho à la réalité d’aujourd’hui. Alors qu’il n’avait que 13 ans, comme son jeune héros Ramin, sa famille persécutée a dû fuir l’Iran pour s’installer – après avoir survécu aux camps de réfugiés de l’ex- Yougoslavie – en Finlande en 1990. Et c’est là que la fiction prend le pas sur sa réalité.

Car la famille de Ramin voit, elle, sa demande d’asile refusée et entre alors dans une période d’incertitudes entre tentatives aléatoires de recours et crainte de se faire expulser à tout moment. Hamy Ramezan avait déjà raconté les méandres de ce parcours du combattant épuisant et souvent perdu d’avance face à la bureaucratie reine et minutieuse dans un documentaire intitulé Refugee Unknown, en 2016. La fiction lui permet ici de déplacer le prisme de son regard des adultes vers le monde de l’enfance.

De suivre Ramin au fil des grandes vacances scolaires dont il n’ a pas pleinement conscience qu’elles pourraient être les dernières dans ce pays où, enfin, il a trouvé la paix. Any day now se lit donc comme une chronique de l’insouciance où, même si Ramin pressent l’anxiété ambiante (dont il essaie d’ailleurs de préserver sa petite sœur), son esprit est d’abord occupé à faire les 400 coups avec ses copains et à se rapprocher de celle dont il a le béguin. Ce contraste se déploie avec une grande justesse sans jamais courir après une émotion forcée et donne naissance à un geste limpide et particulièrement émouvant.