Cinéma : “La Troisième Guerre”, Léo, Hicham et Yasmine, trois soldats arpentent les rues de la capitale à l’affût d’une menace qui tarde à se concrétiser

Ce drame évoque la mission militaire Sentinelle. Dans “La Troisième Guerre”, c’est Leïla Bekhti, Karim Leklou et Anthony Bajon qui patrouillent pour Vigipirate. Nouvelle recrue dans le régiment chargé d’assurer la sécurité à Paris dans le cadre de la mission Sentinelle, Léo Corvard a avant tout choisi ce métier pour quitter sa province natale sinistre. En compagnie du plus expérimenté Hicham et sous les ordres de la sergente Yasmine, il arpente jour après jour les rues de la capitale à l’affût d’une menace qui tarde à se concrétiser.

Léo vient juste de terminer ses classes à l’armée et pour sa première affectation, il écope d’une mission Sentinelle. Le voilà arpentant les rues de la capitale, sans rien à faire sinon rester à l’affût d’une éventuelle menace… La Troisième guerre est là aussi enraciné dans le paysage français, au sein d’une armée appelée à se mobiliser pour lutter contre le terrorisme qui a frappé durement avec de nombreux attentats à la fin de la décennie précédente.

Léo, tout jeune soldat zélé qui entame sa première mission, au sein d’un groupe de « sentinelles », patrouillant dans Paris pour prévenir exclusivement tout risque terroriste. D’emblée, le film présente l’absurdité de la situation : le petit groupe de soldats dont fait partie Léo n’est pas policier, il est là dans un but précis, et il ne doit en aucun cas se substituer aux forces de l’ordre et à leurs missions. L’image est forte et éloquente, une agression en plein métro, presque un lieu commun tellement cette violence est insérée au plus près de chacun d’entre nous, et une inactivité des soldats, lourdement vêtus de leur attirail de guerre, qui déclenche l’animosité des citoyens qui les entoure. Ce premier constat rappelle l’incongruité du moment très contemporain décrit : l’habitude prise de cette présence armée rivalise avec l’angoisse insufflée à la fois par les armes mais aussi par la menace sous-entendue par celles-ci.

Si, dans un premier temps, Léo est notre point d’entrée dans cet univers de violence, la vie de caserne, la solitude et l’hyper masculinisme qui y règne, cela cède très vide la place à une introspection du personnage lui-même. Ce très jeune homme, qu’on devine il y a encore peu de temps lycéen, présente des signes de déséquilibre très inquiétants, d’autant plus pour quelqu’un appelé à manier des armes à feu et leur potentiel au combien meurtrier – agressif, tant avec sa famille que ses condisciples. La structure militaire semble n’être qu’un exutoire à un fanatisme qu’on devine destructeur. Léo présente tous les signes d’un homme prêt à exploser au moindre choc, préfigurant le drame à venir qui ne saurait être évité par une hiérarchie aveugle et obnubilée par les enjeux et risques de terrorisme sur le territoire français.