Cinéma : Tahar Rahim, le Français qui épate Hollywood

A 39 ans, Tahar Rahim est en passe de réaliser son rêve américain. Dans « Désigné coupable », le film de Kevin Macdonald sorti le 12 février aux États-Unis, il incarne un prisonnier torturé à Guantanamo. Une performance bluffante pour un comédien au talent hors norme. Déjà nommé pour le Golden Globe du meilleur acteur, Tahar Rahim pourrait, dans la foulée, décrocher la récompense suprême. Et devenir, neuf ans après Jean Dujardin, le deuxième Frenchie à faire succomber Hollywood.

Il se confie notamment sur comment ce petit dernier très protégé d’une fratrie de dix enfants a trouvé sa place. « J’ai d’abord été proche de mes sœurs les plus jeunes, et elles m’ont beaucoup influencé. Puis j’ai développé une fascination pour mes grands frères. A travers eux, j’ai découvert d’autres époques, je me suis beaucoup nourri de cela. »

De sa jeunesse, il garde le souvenir d’un heureux brassage. Étaient rassemblés là des gens qui venaient de partout : France, Maghreb, Afrique subsaharienne, Asie, Yougoslavie… « On allait les uns chez les autres, on découvrait d’autres façons d’être. Elle est là, ma France, dans l’ouverture plus que dans le repli. Cela a fait naître en moi ce goût impérieux des horizons nouveaux. » Depuis ses débuts à l’écran, Tahar l’éclectique a adoré être dirigé par des cinéastes de Grande-Bretagne, de Belgique, d’Iran, d’Allemagne, de Suède, des États-Unis, du Japon, du Canada…

« Avec eux, j’ai appréhendé le monde en accéléré, j’ai progressé plus vite en tant qu’homme, donc en tant qu’acteur. » Pudique, l’acteur d’«Un Prophète» nous raconte aussi sa rencontre avec son épouse l’actrice Leïla Bekhti, avec qui il est marié depuis dix ans et parents de deux enfants. « Il existe des balises invisibles jalonnant notre chemin. Encore faut-il être capable de les comprendre. La première fois que j’ai vu Leïla, j’ai su à la seconde qu’elle serait ma femme et la mère de mes enfants. Notre rencontre n’a pas été un coup de foudre, elle était écrite. C’était notre destin. »

Paris Match