Clandestins : Le coût de l’aide médicale d’État s’envole à 1 milliard 61 millions d’euros

Un seuil historique vient d’être franchi. Pour la première fois, le coût estimé de l’aide médicale de l’État (AME) réservée aux seuls étrangers en situation irrégulière en France dépasse le milliard d’euros. La somme inscrite en «crédits de paiement» dans le projet de loi de finances pour 2021, actuellement discuté au Parlement, est exactement de 1 milliard et 61 millions d’euros.

Dans son dernier avis sur le volet «asile, immigration, intégration et nationalité» du projet de loi de finances pour 2021, la commission des lois du Sénat précise que «l’aide médicale d’État permet une première approche statistique du nombre de personnes en situation irrégulière sur le territoire, puisqu’elle autorise un accès gratuit aux soins médicaux et hospitaliers spécifique en faveur de ces étrangers».

Dans son livre choc, Immigration. Ces réalités qu’on nous cache (chez Robert Laffont), Patrick Stefanini, un ex-préfet juppéiste, qui fit l’essentiel de sa carrière à l’immigration, rappelle l’exemple de la Seine-Saint-Denis: l’ex-patron de la Direction des étrangers en France, interrogé par deux députés en 2018, avait considéré que le nombre de clandestins était, dans le 93, «le triple de celui des bénéficiaires de l’AME».

Le chevènementiste Didier Leschi, aujourd’hui directeur de l’Office français pour l’immigration et l’intégration (OFII), décrit dans un remarquable essai, paru tout récemment chez Gallimard, la spécificité de cette sorte de sécurité sociale des immigrés en situation irrégulière: «Cette couverture santé prend en charge gratuitement bien plus que les situations d’urgence.

Elle donne accès à un premier panier de soins quasi-équivalent à celui des résidents. À peu de chose près: sont seulement exclues de ce panier les cures et la procréation médicalement assistée.» Une générosité rare qui contribue à l’attractivité de la destination France.

Elle ajoute que «334.546 personnes en bénéficiaient au 31 décembre 2019, soit une hausse de 5% par rapport à la même date l’an passé (318.106 bénéficiaires) et un doublement en quinze ans». La Haute Assemblée poursuit: «Notamment parce que l’AME est attribuée sous condition de résidence stable et ininterrompue en France pendant trois mois.»

Dans son livre choc, Immigration. Ces réalités qu’on nous cache (chez Robert Laffont), Patrick Stefanini, un ex-préfet juppéiste, qui fit l’essentiel de sa carrière à l’immigration, rappelle l’exemple de la Seine-Saint-Denis: l’ex-patron de la Direction des étrangers en France, interrogé par deux députés en 2018, avait considéré que le nombre de clandestins était, dans le 93, «le triple de celui des bénéficiaires de l’AME». […]

Une exception en Europe

«Dans l’ensemble des pays européens, au-delà de l’urgence où la vie de la personne serait en danger, un sans-papiers ne peut prétendre à la même gratuité des soins et un demandeur d’asile est moins bien traité», reconnaît le patron de l’OFII. En Italie, selon lui, les soins non urgents nécessitent une participation financière. Au Royaume-Uni, en dehors des soins urgents, l’accès aux soins est payant. La Suède applique, quant à elle, dans ce cas, un ticket modérateur. La Norvège fixe une franchise. En Allemagne, la gratuité pour les soins non urgents n’est pratiquée que dans les structures caritatives. […]

Ainsi, «plus de 30.000 étrangers malades bénéficient ainsi d’un titre de séjour qui est renouvelé tant que les soins demeurent nécessaires.» Une prise en charge dans les mêmes conditions que les résidents, «c’est-à-dire à 100% en cas d’absence de revenus suffisants. […]

Le chevènementiste Didier Leschi, aujourd’hui directeur de l’Office français pour l’immigration et l’intégration (OFII), décrit dans un remarquable essai, paru tout récemment chez Gallimard, la spécificité de cette sorte de sécurité sociale des immigrés en situation irrégulière: «Cette couverture santé prend en charge gratuitement bien plus que les situations d’urgence. Elle donne accès à un premier panier de soins quasi-équivalent à celui des résidents. À peu de chose près: sont seulement exclues de ce panier les cures et la procréation médicalement assistée.» Une générosité rare qui contribue à l’attractivité de la destination France.

Une exception en Europe

«Dans l’ensemble des pays européens, au-delà de l’urgence où la vie de la personne serait en danger, un sans-papiers ne peut prétendre à la même gratuité des soins et un demandeur d’asile est moins bien traité», reconnaît le patron de l’OFII. En Italie, selon lui, les soins non urgents nécessitent une participation financière. Au Royaume-Uni, en dehors des soins urgents, l’accès aux soins est payant. La Suède applique, quant à elle, dans ce cas, un ticket modérateur.

La Norvège fixe une franchise. En Allemagne, la gratuité pour les soins non urgents n’est pratiquée que dans les structures caritatives. «Plus encore, assure Didier Leschi, nous sommes, avec la Belgique, l’unique pays au monde délivrant des titres de long séjour pour soin à tous ceux qui font valoir qu’ils ne peuvent accéder effectivement à un soin dans leur pays, même si le médicament existe.»

Ainsi, «plus de 30.000 étrangers malades bénéficient ainsi d’un titre de séjour qui est renouvelé tant que les soins demeurent nécessaires.» Une prise en charge dans les mêmes conditions que les résidents, «c’est-à-dire à 100% en cas d’absence de revenus suffisants.» Selon le directeur de l’OFII, «ces malades viennent d’abord du Maghreb et d’Afrique. […]

Le Figaro