Clermont-Ferrand : Déjà suspecté d’agression sexuelle en mars, un migrant soudanais à nouveau mis en examen pour des faits similaires

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Déjà mis en examen pour une agression sexuelle commise en mars, près du CHU Estaing, à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), un jeune homme de 19 ans est à nouveau visé par une information judiciaire, pour des faits similaires, qu’il est suspecté d’avoir commis les 14 et 18 août, dans le centre-ville clermontois.

Le 14 août dernier, vers 4 heures du matin, alors qu’elle rentre d’une soirée passée dans le centre-ville de Clermont-Ferrand et se dirige vers le quartier des Salins, via la place de Jaude, une jeune femme âgée de 20 ans s’aperçoit qu’un homme semble avoir décidé de la suivre.

La victime se défend bec et ongles

Il finit par la héler et, alors qu’elle lui demande de la laisser tranquille, il se serait énervé, avant de l’insulter, puis de menacer de la violer et, enfin, de la saisir par ses vêtements.

La jeune femme ne se laisse pourtant pas faire. Elle lui assène un coup de poing, avant de tomber au sol. Tandis qu’elle se retrouve allongée sur le dos après sa chute, l’inconnu aurait essayé de l’étrangler, mais la victime résiste à nouveau, jusqu’à ce que des riverains, alertés par ses cris, ne parviennent à mettre l’homme en fuite.

Agression sexuelle à Clermont-Ferrand : un suspect interpellé

La jeune femme n’en a pourtant pas fini avec ce mystérieux agresseur du petit matin… Quatre jours plus tard, quasiment à la même heure et dans le même secteur, elle retombe sur le même individu qui, à nouveau, se met à la suivre de façon très insistante et l’interpelle. Elle part en courant et parvient cette fois à le semer (*).

Les policiers de la Bac planquent autour de la place de Jaude et finissent par repérer le suspect

Munis d’un descriptif précis du jeune homme, tant physique que vestimentaire, des policiers de la Bac se mettent en planque, les jours suivants, dans les environs de la place de Jaude, où l’agresseur semble avoir ses habitudes.

Leur flair et leur patience sont récompensés, dans la soirée du 21 août. Un homme correspondant en tout point au signalement dont ils disposent se met, au moins à quatre reprises, à repérer, puis à suivre des jeunes femmes traversant la place principale de la capitale auvergnate. Mais ses tentatives échouent, pour des raisons indépendantes de sa volonté. Il n’en faut pas plus aux policiers pour l’interpeller et le placer en garde à vue.

Bien que formellement identifié par la victime des faits des 14 et 18 août, le jeune homme nie les faits. Et il s’avère qu’il n’est pas inconnu des policiers de la sûreté départementale : ce ressortissant soudanais de 19 ans est en effet suspecté d’avoir déjà commis une agression sexuelle sur une aide-soignante du CHU Estaing, à Clermont-Ferrand, le 8 mars dernier. Mis en examen pour ces faits, le 12 mars, puis placé en détention provisoire, il avait été libéré en juillet, à l’expiration du mandat de dépôt correctionnel de quatre mois dont il faisait l’objet, puis placé sous contrôle judiciaire (lire par ailleurs).

Ouverture d’une information judiciaire contre l’homme suspecté d’agression sexuelle à Clermont-Ferrand

A l’issue de sa garde à vue, Adam Y. a été déféré, ce dimanche matin, devant le parquet clermontois, qui a ouvert une nouvelle information judiciaire, cette fois pour agression sexuelle aggravée. Il a ensuite été (re)mis en examen par un magistrat instructeur, puis (re)placé en détention provisoire, conformément aux réquisitions du parquet, à l’issue du débat devant le juge des libertés et de la détention.

Christian Lefèvre

(*) Les policiers rappellent à cette occasion qu’il ne faut jamais hésiter à composer le 17 en cas de problèmes.

Pourquoi l’agresseur présumé était-il en liberté après les faits du mois de mars ?

La durée totale d’un mandat de dépôt correctionnel (applicable pour des délits, ce qui est le cas concernant les agressions sexuelles) ne peut pas excéder quatre mois, si deux conditions sont remplies  : il n’y a pas de condamnation antérieure pour crime, ni de peine de prison ferme supérieure à 1 an (ce qui est le cas du jeune homme mis en cause, qui n’a encore jamais été condamné) et l’infraction poursuivie est punie d’une peine de prison inférieure ou égale à 5 ans (ce qui est le cas pour une agression sexuelle).

Dans les autres cas, la détention provisoire peut être prolongée tous les quatre mois après débat contradictoire. La durée totale de la détention provisoire peut alors aller jusqu’à un an. Une règle qui va désormais s’appliquer au suspect. Mis en examen, ce dimanche, pour agression sexuelle aggravée, il encourt désormais sept ans de prison. Et non plus cinq…

La Montagne

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