Comment la Chine fait main basse sur les pépites européennes

Ces dernières années, les groupes chinois multiplient les acquisitions sur le continent, et la tendance devrait s’accélérer avec le traité d’investissement conclu entre Pékin et l’Union européenne. Alors que les relations diplomatiques se tendent, ces prises de contrôle ou de participation soulèvent des questions de propriété intellectuelle et de sécurité nationale.

Septembre 2017, Lenny Kravitz prend la pose aux côtés de Coco Chu, la patronne du groupe chinois Fortune Fountain, et de Daniela Riccardi, la PDG de la cristallerie française Baccarat, dans un hôtel particulier au coeur du XVIe arrondissement parisien. Elsa Zylberstein et Laura Smet font également partie des invités, venus assister à la présentation de la nouvelle collection de la maison de verrerie fine fondée en 1764. Les femmes arborent toutes des robes à paillettes dorées pour coller au thème de la soirée, « La touche Midas ».  

  Trois ans plus tard, l’ambiance n’est plus aux soirées de gala. Le 7 septembre 2020, une cour de Nancy a nommé deux administrateurs provisoires pour établir un diagnostic sur la situation financière et juridique de la firme sise en Lorraine, jugeant qu’elle risquait de se retrouver « en situation de flottement périlleux » de par son incapacité à nommer un nouveau directeur général.

En septembre 2017, Coco Chu, alors propriétaire de Baccarat, recevait à Paris pour la présentation de la collection Goldfinger…
En septembre 2017, Coco Chu, alors propriétaire de Baccarat, recevait à Paris pour la présentation de la collection Goldfinger… ©Julien Hekimian/Getty Images

 Comment en est-on arrivé là ? Baccarat, dont les flûtes de champagne peuvent coûter plus de 2.500 euros la pièce, a été racheté en 2018 pour 164 millions d’euros par Fortune Fountain, une société basée à Hong Kong qui se décrit comme un Family office – un bureau de gestion de fortune – pour Chinois (très) aisés. Elle est administrée par Coco Chu et sa mère Wang Liang Ping, qui se présentent comme descendantes d’un célèbre calligraphe du IVe siècle.

Pour procéder à l’acquisition du groupe français, Fortune Fountain a dû contracter un emprunt de plusieurs dizaines de millions d’euros à un taux d’intérêt prohibitif auprès des fonds privés hongkongais Sammasan Capital et Tor Investment Management. En janvier 2020, la société a fait défaut sur ce prêt. S’en est ensuivie une lutte d’influence entre les créditeurs et Fortune Fountain pour le contrôle de Baccarat.

Lire aussi :

Le propriétaire chinois de Baccarat ne rembourse pas ses créanciers

La France, un marché privilégié

 Fin décembre, les créditeurs ont annoncé avoir pris le contrôle de Fortune Legend Limited, une filiale qui détient 97,1 % de Baccarat. Ils prévoient de racheter le reste de la maison bicentenaire et de la décoter, sans garantie pour sa pérennité. Cet exemple n’est pas un cas isolé. Entre 2010 et 2020, la Chine a racheté ou investi dans 72 entreprises en France, selon de nouvelles données compilées par la société néerlandaise d’analyse de données Datenna.

Dans toute l’Europe, Pékin a procédé à plus de 650 acquisitions durant cette période. La France est la troisième destination d’investissement, derrière l’Allemagne (174 transactions) et le Royaume-Uni (102 transactions). « Parmi les 72 acquisitions que nous avons recensées en France, près de 40 % ont été effectuées par des conglomérats appartenant tout ou partie à l’Etat chinois », précise Jaap van Etten, le fondateur de Datenna. Mais l’implication de Pékin est souvent dissimulée sous plusieurs couches de sociétés écran situées dans des centres offshore ou ailleurs en Europe, souligne cet ancien diplomate à l’ambassade des Pays-Bas de Pékin.

Pour 37,3 milliards d’euros d’acquisitions 

Le groupe HNA, dont les liens remonteraient jusqu’aux sommets de l’Etat chinois, s’est ainsi servi d’une acquisition précédente, Gategroup, le géant suisse des plateaux-repas dans les avions, pour racheter le groupe Servair à Air France, selon Datenna. Les acquisitions chinoises dans l’Union européenne ont connu une spectaculaire poussée ces dix dernières années. Leur valeur a été multipliée par plus de 50 en l’espace de huit ans, passant de 700 millions d’euros en 2008 à 37,3 milliards d’euros en 2016, selon les données du think tank Rhodium Group.

« En 2014, le gouvernement chinois a ouvert grand les vannes, encourageant ses entreprises à procéder à des acquisitions à l’étranger », détaille Agatha Kratz, directrice associée au Rhodium Group, spécialiste des relations entre l’Union européenne et la Chine. Les groupes chinois ont aussi profité de la crise de l’euro de 2008 et 2009 pour se livrer à une vague d’acquisitions parmi les entreprises européennes au bord de la faillite.

Lire aussi

Le groupe HNA poussé au démantèlement

 En 2017, Pékin a toutefois placé des limites sur les sorties de capitaux et durci les conditions pour obtenir des emprunts, afin de stopper les acquisitions à but purement spéculatif, faisant baisser le nombre de transactions chinoises en Europe. La pandémie leur a apporté un nouveau coup de frein. Mais les transactions sont reparties à la hausse depuis le troisième trimestre de 2020, dans le sillage du déploiement des vaccins contre le Covid-19 et de la position de plus en plus dure de Washington contre Pékin. « Un certain nombre d’acquisitions prévues à l’origine aux Etats-Unis se sont reportées sur l’Europe », note Neil Campling, analyste chez Mirabaud Securities.

L’accord d’investissement conclu fin 2020, après plus de sept ans de négociations par Pékin et Bruxelles , qui doit encore être validé par le Parlement européen, devrait encore accroître le nombre d’investissements chinois en Europe, car il prévoit une ouverture respective des marchés des deux blocs économiques. À titre d’exemple, il permet aux firmes chinoises d’accéder au secteur des énergies renouvelables dans les pays européens, avec une limite fixée à 5 % de part de marché nationale dans chaque Etat-membre.

 Acquérir savoir-faire et technologies de pointe

  Comme en 2008 et 2009, on peut imaginer que les difficultés économiques de certains secteurs, après la fin des plans massifs de soutien à l’économie, leur fourniront d’ici quelques mois de nombreuses opportunités de rachat à bon prix. « Sur le moyen terme, les Chinois continueront à faire leurs courses en Europe, pense Christophe Kummer, le président de l’Institut pour les fusions, les acquisitions et les alliances (IMAA). Les conditions-cadres qui les ont attirés en premier lieu n’ont pas changé. »

L’Europe représente un vivier technologique de premier plan. « L’objectif pour Pékin est d’acquérir des savoir-faire et des technologies de pointe en Europe, pour éviter de devoir mener sa propre recherche et développement », relève Jaap van Etten. Un gain de temps et d’argent qui lui permettra à terme de surpasser le monde occidental dans un certain nombre de domaines clefs, comme les semi-conducteurs, les véhicules verts, la robotique ou l’intelligence artificielle.

« Pékin cherche également à réduire sa dépendance à ses partenaires étrangers en développant ses propres industries domestiques, souligne Neil Campling. Le pays dépend entièrement des Etats-Unis et de Taïwan pour l’importation des puces entrant dans la composition des nombreux produits électroniques qu’il fabrique. » Or Washington a placé des restrictions sévères, ces deux dernières années, sur la vente de ces composants à la Chine.

L'allemand Kuka, un des leaders mondiaux de la robotique, est passé sous pavillon chinois en 2016. (Ici, dans une usine de Geely Automobile dans la province de Zhejiang.)
L’allemand Kuka, un des leaders mondiaux de la robotique, est passé sous pavillon chinois en 2016. (Ici, dans une usine de Geely Automobile dans la province de Zhejiang.) ©Qilai Shen/Bloomberg

 La transaction la plus emblématique des dernières années est la vente, en 2016, de l’allemand Kuka, l’un des leaders mondiaux de la robotique, au géant de l’électroménager chinois Midea. Le rachat chinois de Anteryon, spin-off néerlandais de Philips Electronics qui fabrique des composants pour caméras, de Fuba, spécialiste allemand de la communication entre véhicules autonomes, et de Imagination, producteur britannique de puces pour smartphones, s’inscrit dans la même logique.

En France, les groupes Echosens et eDevice, à la pointe de l’innovation dans le domaine médical ; Groupe CTI et Manoir Industries, fournisseurs de pièces pour centrales nucléaires ; SES-Imageotag, le numéro 1 mondial des étiquettes électroniques ; les fabricants de puces Almae Technology et Linxens… sont tous tombés dans l’escarcelle de Pékin. Ce dernier cas est particulièrement parlant.

Le groupe de Mantes-la-Jolie, spécialisé dans les microconnecteurs permettant aux bornes électroniques de communiquer avec les cartes à puces, a été racheté en 2018 pour 2,2 milliards d’euros par la société chinoise Ziguang Liansheng, par l’entremise d’une série de véhicules basés en France, au Luxembourg et à Hong Kong.

Un certain nombre de transactions ont simplement pour but de permettre à des groupes chinois de prendre pied sur le marché européen

 Or le nouveau propriétaire du groupe français appartient au groupe Tsinghua Unigroup, un conglomérat affilié au ministère de l’Education chinois qui sert de fer de lance à Pékin dans sa stratégie de développement d’une industrie domestique des semi-conducteurs. Un an après l’acquisition, Linxens a annoncé la construction d’une gigantesque usine et d’un centre de recherche à Tianjin, juste à côté d’un nouveau hub consacré à l’innovation mis en place par Tsinghua Unigroup.

Les transferts de technologie n’expliquent cependant pas tous les rachats chinois d’entreprises européennes. « Un certain nombre de transactions ont simplement pour but de permettre à des groupes chinois de prendre pied sur le marché européen ou d’améliorer leurs ventes sur le plan domestique en bénéficiant du renom d’une marque occidentale de prestige », explique Jaap van Etten.

3 marques iconiques tombées dans l’orbite chinoise

01. Club Med : Le groupe hôtelier a été racheté en 2015 par le conglomérat Fosun. Plusieurs établissements ont vu le jour en Chine, notamment dans les nouvelles stations de ski du nord du pays.

02. Lanvin : La maison de haute couture créée en 1889 a elle aussi été gobée par Fosun. Ce qui lui a permis de prendre pied sur le marché chinois du luxe, en pleine croissance.

03. Olympique lyonnais : Le club de foot mythique a vendu 20 % de ses parts au fonds d’investissement chinois IDG Capital en 2016.

 Une ampleur inquiétante

  Le rachat du fabricant de pneus italien Pirelli, du producteur de matériel sportif finlandais Amer Sports (Salomon, Arc’teryx, Peak Performance), la prise de participation de Geely au capital du groupe automobile allemand Daimler doivent être interprétés à cette aune. Tout comme l’acquisition des marques françaises Baccarat, Club Med, Lanvin, Sandro.

Si ces rachats chinois n’enfreignent en rien la loi, ils inquiètent par leur ampleur. « Veut-on vraiment voir nos technologies de pointe tomber entre les mains d’entités étrangères, notamment d’un concurrent stratégique comme la Chine qui cherche à surpasser l’Europe ? » s’interroge Neil Campling. Les produits innovants développés par Linxens, Almae Technologies, Groupe CTI et Manoir Industries appartiennent tous désormais à des conglomérats étatiques chinois.

La question se pose de façon plus pressante encore lorsqu’il s’agit de technologies à usage militaire ou dual (satellites, moteurs, radars, hélicoptères, etc.). Le français All Circuits, qui fabrique des circuits électroniques, est ainsi tombé dans le giron du groupe Aerospace Hi-Tech, dont le principal actionnaire est Casic, l’un des principaux fournisseurs de l’armée chinoise.

Veut-on vraiment voir nos technologies de pointe tomber entre les mains d’entités étrangères, notamment d’un concurrent stratégique comme la Chine qui cherche à surpasser l’Europe ?

 De même, « céder ses infrastructures critiques ou les ‘commodités’ dont dépend son économie à un Etat étranger met en péril la sécurité nationale », juge Alicia García Herrero, économiste en chef pour l’Asie-Pacifique chez Natixis. Si la Chine se décidait à les interrompre ou à les accaparer pour alimenter ses propres besoins, les pays dont ils sont issus s’effondreraient. les pays dont ils sont issus s’effondreraient. En France, des groupes affiliés à l’Etat chinois ont mis la main sur plusieurs entreprises opérant des infrastructures critiques, dont Engie et Alcatel- Lucent. Des sociétés chinoises possèdent également des parts dans GDF Suez, Air France et l’aéroport de Toulouse.

En Grande-Bretagne, le conglomérat China General Nuclear, partenaire d’EDF, a pris une participation dans la centrale nucléaire Sizewell C. Certaines technologies acquises par les Chinois, à l’image de celles liées à la reconnaissance faciale, pourraient en outre être déployées au Xinjiang, rappelle Agatha Kratz.

Cela soulève de nombreuses questions éthiques relatives aux violations des droits de l’homme qui ont cours dans cette région où plus de 1 million de Ouïgours ont été incarcérés dans des camps de rééducation. Le traité d’investissement sino-européen tente de remédier à ce dilemme en exigeant notamment que la Chine ratifie les conventions de l’Organisation internationale du travail sur le travail forcé. Mais cette clause n’a pas force obligatoire…

Fleuron du tourisme français, Club Med a été racheté par Fosun en 2015. Le concept Joyview (ici celui d'Anji) a été créé spécialement pour le marché chinois.
Fleuron du tourisme français, Club Med a été racheté par Fosun en 2015. Le concept Joyview (ici celui d’Anji) a été créé spécialement pour le marché chinois. ©Victor Marvillet pour Les Echos Week-End

L’ombre de la censure

En France, des groupes chinois possèdent par ailleurs plusieurs éditeurs et groupes médiatiques, faisant planer l’ombre de la censure chinoise. L’agrégateur de nouvelles News Republic a ainsi été racheté en 2017 par le groupe Bytedance dont les plates-formes chinoises ont à plusieurs reprises dû retirer des publications à la demande de Pékin. L’éditeur de revues scientifiques EDP Sciences, fondé en 1920 par Marie Curie, a été acquis en 2019 par China Science Publishing & Media, affilié à l’Etat chinois. L’impact des rachats chinois ne se fait pas sentir uniquement à l’échelle étatique. Ils affectent aussi les cibles de leurs acquisitions.

Certains conglomérats ont eu les yeux plus grand que le ventre, se lançant dans d’ambitieuses campagnes de rachats, parfois dans des domaines d’activité qui leur étaient complètement étrangers. « Lorsque Pékin a serré la vis sur les sorties de capitaux et les emprunts en 2017, ils ont été contraints de se défaire de certaines de leurs acquisitions », note Agatha Kratz. Le groupe Fosun, qui a repris des sociétés aussi diverses que le Club Med, la boutique en ligne IRO, la marque Lanvin, la société immobilière Paref, le bijoutier Djula, l’agroalimentaire St Hubert ou le groupe pharmaceutique Tridem Pharma, s’est retrouvé dans l’obligation de revendre une partie de ses acquisitions à partir de 2018. Dalian Wanda, qui détient notamment Lagardère Sports, a subi le même sort.

 Des entreprises rachetés mises en caution

  Pire, les nouveaux patrons chinois mettent parfois en danger la survie même de leurs acquisitions, comme dans le cas de Baccarat. « Certains groupes chinois se sont surendettés pour procéder à des acquisitions à l’étranger, puis se sont retrouvés en difficulté financière », relève Alicia García Herrero. C’est le cas du groupe HNA, un conglomérat à la structure opaque, qui a racheté de nombreuses entreprises dans le secteur aérien – dont les françaises Aigle Azur et Servair – à partir de 2015.

Pour y parvenir, HNA s’est endettée à hauteur de 100 milliards de dollars, parfois en engageant comme garantie les actions des entreprises qu’elle rachetait. Début 2018, la firme a commencé à faire défaut sur certaines de ses lignes de crédit et s’est retrouvée dans l’obligation de céder une partie de ses acquisitions à ses créditeurs. Servair a ainsi été revendu en 2019 au fonds asiatique RRJ Capital, par l’entremise de son propriétaire GateGroup. Air Azur a pour sa part été mis en faillite en septembre 2019.

Hôtel de Ville de Paris, septembre 2016 : défilé printemps-été de Lanvin. Son rachat par le groupe Fosun en 2018 lui a donné accès au marché du luxe chinois.
Hôtel de Ville de Paris, septembre 2016 : défilé printemps-été de Lanvin. Son rachat par le groupe Fosun en 2018 lui a donné accès au marché du luxe chinois. ©Paolo Verzone / Agence VU

 Le groupe Shandong Ruyi, qui avait pour ambition de devenir le LVMH chinois, est lui aussi au bord de la débâcle financière après s’être lourdement endetté pour racheter une douzaine de marques de luxe dont les françaises Sandro, Maje et Claudie Pierlot. À court de liquidités, il a à plusieurs reprises fait défaut sur des obligations ces derniers mois.

Le groupe de distribution de produits pétroliers Dyneff s’est, quant à lui, retrouvé au coeur d’un scandale de corruption en mars 2018 lorsque le fondateur de CEFC, le conglomérat pétrolier qui l’avait racheté un an plus tôt, a été arrêté pour avoir versé des pots-de-vin. L’entreprise chinoise a été démantelée et confiée à un groupe lié aux autorités de la ville de Shanghai. « Ce genre d’événement peut être incroyablement disruptif pour la vie d’une entreprise », souligne Agatha Kratz.

Des contre-exemples existent. À l’instar de Lanvin , « certaines firmes européennes ont bénéficié d’investisseurs chinois aux poches profondes qui leur ont permis d’accéder au marché chinois et ont élaboré d’ambitieuses stratégies de développement pour elles », glisse l’experte.

 Racheté par le constructeur automobile chinois Zhejiang Geely en 2010, alors qu’il traversait une passe difficile, le suédois Volvo a depuis retrouvé ses galons sur le marché des voitures de luxe. Son nouveau patron a notamment injecté 10 milliards de dollars dans la société, lancé des nouveaux modèles et démultiplié ses capacités de production. L’arrivée en Europe du dragon chinois peut aussi déboucher sur de beaux succès.

Lentement, l’Europe se réveille

Alors que les Etats-Unis possèdent depuis belle lurette un mécanisme de filtrage pour les investissements étrangers, l’Europe commence tout juste à s’y mettre. En avril 2019, la Commission européenne a introduit un mécanisme pour scruter les investissements étrangers, afin de repérer ceux qui posent « un risque pour la sécurité ou l’ordre public dans l’Union ». Mais elle n’a pas le pouvoir de les bloquer, cela reste du ressort des Etats-membres. Elle prévoit aussi d’empêcher les entités étrangères de procéder à des acquisitions en Europe financées par l’argent public, car cela fausse le marché unique. Ce qui exclurait tous les groupes étatiques chinois. Au niveau des Etats, l’Allemagne et la France sont en avance. Tous deux se sont récemment dotés de règles – à l’image de la loi Pacte adoptée en mai 2019 – pour bloquer les rachats touchant à des secteurs stratégiques.
Les Echos