Congo : Comment les mains coupées ont secoué l’Europe coloniale

A la fin du XIXe siècle, au Congo, l’industrie florissante du caoutchouc devient synonyme de mains coupées. A l’époque des empires et de la colonisation, ce territoire d’Afrique est une propriété privée du roi des Belges, Léopold II, qui exploite les ressources en latex des forêts de la région. De nombreux Congolais sont alors forcés de collecter cette ressource sous la surveillance de la Force publique, une milice qui veille aux intérêts du roi et terrorise une partie des populations. La milice maltraite, viole, tue et coupe des mains.

Des Européens réagissent et tentent de mettre en lumière la responsabilité de Léopold II. Parmi eux, des écrivains comme Arthur Conan Doyle ou Mark Twain, le journaliste Edmund Morel, mais aussi des missionnaires moins connus. Comme les missionnaires britanniques Alice Seeley Harris et son mari. Pour témoigner des souffrances et mutilations endurées par les Congolais, Alice Seeley Harris fait des séries de photos sur place. Elle prend notamment des clichés de personnes mutilées ; il leur manque une main, deux mains, ou un pied. Ces photos diffusées en Europe secouent l’opinion et auront d’importantes répercussions politiques.