Mendionde (64) : Tofiq, maçon azerbaïdjanais de 52 ans, doit quitter le territoire français (MàJ)

Un migrant originaire d’Azerbaïdjan vit dans la commune depuis un an, avec sa femme et un de ses fils. En situation irrégulière, il fait l’objet d’une mesure d’expulsion. L’association Eskuz esku dénonce cette situation.

Ce mercredi 12 mai après-midi, un groupe de militants pour les droits des migrants a manifesté contre son expulsion devant la sous-préfecture de Bayonne. Ils font partie de l’association Eskuz esku (main dans la main, en basque)

Tofiq Guliev, fait l’objet d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF). Une situation que ses soutiens dénoncent.

Le ressortissant azerbaïdjanais a 52 ans. Il vit depuis un an à Mendionde, avec sa femme et l’un de ses deux fils. L’autre est établi en Gironde. « C’est quelqu’un de très intégré. C’est un ami », appuie Hélène Labrosse, présidente d’Eskuz esku […]. « Il est maçon, il a une promesse d’embauche. » Il s’y accrochait comme à un viatique vers la régularisation de sa situation administrative. « Il était en train de monter un dossier pour obtenir un titre de séjour. Il ne lui manquait qu’une pièce : son acte de naissance. Mais c’est compliqué à obtenir de son pays d’origine. »

Menacé car son fils a critiqué le gouvernement

Lui et sa famille l’ont quitté en 2017. « Ils étaient menacés, là-bas », assurent ceux qui lui viennent en aide. « Il y risque la prison après qu’un de ses fils a critiqué le gouvernement. Leur départ a été précipité à la suite d’un passage à tabac de sa femme par des policiers, à leur domicile. »

La famille a connu la rue et les foyers. Ils ont fait une demande d’asile dont ils ont été déboutés en 2019. Ils ont fait appel devant la cour nationale du droit d’asile : sans succès. Ils n’ont pas de titre de séjour […].

OQTF et interdiction de retour sur le territoire français

Mais vendredi 23 avril, Tofiq Guliev a été arrêté par une patrouille des douanes, à Itxassou. « Il se rendait à un rendez-vous médical. » Il a été interrogé à la gendarmerie d’Ustaritz. Puis à Hendaye, où ses empreintes ont été relevées. « Les autorités l’ont relâché le soir, avec une obligation de quitter le territoire. Il a aussi une interdiction de retour. » Assigné à résidence durant 45 jours, il doit se présenter trois fois par semaine à la gendarmerie d’Hasparren.

Tofiq Guliev a contesté l’OQTF devant le tribunal administratif de Pau. Ce dernier a rejeté sa requête, le 29 avril. « Depuis, la vie paisible qu’il commençait à retrouver est redevenue peur et angoisse », déplore Hélène Labrosse. Eskuz esku dénonce globalement « les conditions déplorables d’accueil faites aux migrants en France » et se mobilise pour son ami.

Sud Ouest


11/05/2021

L’association Eskuz Esku appelle à un rassemblement demain mercredi 12 mai à Bayonne, en soutien à Tofiq Guliev, originaire d’Azerbaïdjan et installé à Mendionde, dont la demande d’asile vient être rejetée.

L’association Eskuz Esku, qui dénonce « les conditions d’accueil déplorables faites aux migrants sur le territoire français », lance un appel à se rassembler demain mercredi 12 mai à 17 heures devant la sous-préfecture de Bayonne, pour demander au préfet des Pyrénées-Atlantiques d’abroger les sanctions émises contre Tofiq Guliev.

Azerbaïdjanais, âgé de 52 ans et père de deux enfants, Tofiq Guliev vit depuis plus d’un an à Mendionde avec sa femme et son fils cadet. Leur dossier de demande d’asile, déposé à leur arrivée en France, est incomplet, il y manque une demande de régularisation en préfecture. Arrêté le 23 avril lors d’un contrôle des douanes à Itxassou, il a été conduit à la Gendarmerie d’Ustaritz. Il a été relâché quelques heures plus tard avec une assignation à résidence de 45 jours, une obligation de quitter le territoire français (OQTF) avec effet immédiat ainsi qu’une interdiction de retour sur le territoire (IRTF). Saisie par un recours, l’administration a refusé de lever ses sanctions.

« Malgré une promesse d’embauche, Tofiq, symbole d’une intégration réussie en Pays Basque, doit retourner dans son pays d’origine où sa vie est en danger », estime Eskuz Esku, qui dénonce un « durcissement des lois d’asile et d’immigration ainsi que la complexité des voies de régularisation administrative, qui mettent aujourd’hui à mal cette famille ainsi que de trop nombreux migrants ». Elle ajoute s’inquiéter de voir « une véritable chasse aux migrants s’intensifier sur le territoire ».

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