« Corps politiques » : Le sport dans les luttes des Noirs américains pour la justice depuis la fin du XIXe siècle

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«Lieu premier de la construction de la différence raciale», le corps noir a incarné dès la fin du XIXe siècle un enjeu de lutte majeur pour les Afro-Américains. L’historien Nicolas Martin-Breteau révèle dans cet ouvrage richement documenté comment la ville de Washington a été le berceau d’un combat pour faire du sport un outil d’émancipation «promouvant l’avancement physique, intellectuel et moral de la communauté noire pour imposer sa dignité, son égalité et ses droits».

Mais, si les exploits du sprinteur Jesse Owens ou de Jackie Robinson, premier Noir à intégrer, en 1947, une équipe de base-ball blanche, ont été synonymes de «fierté raciale», l’auteur rappelle que la pratique sportive comme stratégie d’intégration et «forme non verbale de prise de parole» a été vivement critiquée par le mouvement du Black Power, qui, dès les années 1960, a dénoncé le racisme structurel du sport américain.

Une histoire de résistance qui se prolonge aujourd’hui, comme le montre le récent boycottage de matchs par des basketteurs noirs en signe de protestation contre les violences policières.

Nicolas Martin-Breteau

Nicolas Martin-Breteau est maître de conférences à l’université Lille-3, membre du CECILLE et spécialiste d’histoire des États-Unis. Ses travaux portent principalement sur l’histoire et la théorie de la race et du corps, de la démocratie et des droits civiques, de l’identité et de la reconnaissance. Il a soutenu sa thèse de doctorat à l’EHESS, où il est également associé au CENA.

Le Monde Diplomatique

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