Côte d’Ivoire : Des œuvres d’art à partir de tongs usées, le combat écologique d’Aristide Kouamé

Koffi Aristide Kouamé, 26 ans, est un artiste ivoirien. Il récupère des tongs échouées sur les plages d’Abidjan pour les transformer en véritables œuvres d’art. Une démarche artistique et écologique.

Koffi Aristide est né le 17 juin 1995 à Abidjan (Côte d’Ivoire), diplômé du D.E.S.A. (Diplôme d’Etude Supérieure Artistique) et du Master 2 en peinture, obtenus à l’école nationale des beaux-arts d’Abidjan où il entre après le cycle secondaire. Il vit et travaille à Abidjan. En atelier de peinture des beaux-arts d’Abidjan, il apprend aux près de ses maître, notamment monsieur Pascal KONAN de qui il s’est beaucoup inspiré.

Son travail traite essentiellement le sujet de l’homme et son environnement. L’idée de recyclage de tongs vient tout simplement du fait que en Afrique, précisément en Côte d’Ivoire, l’on a tendance à réutiliser des objets utilisés au quotidien, notamment, les bidons, les sacs plastiques, les boites de conserve et bien d’autres…

Aristide, dans son travail essaie d’agir  comme un environnementaliste, un archiviste, un collecteur de données, qui collecte les traces, les empreintes laissées sur les tongs récupérés au bord de l’eau et dans son environnement. Les sujets traités ici sont relatifs à la question de l’identité, la récupération et bien d’autres préoccupations sociales. Au travers du recyclage de tongs  pour en faire des œuvres picturales, Aristide joue intelligemment avec le lien entre ce qui est considéré comme «  vanité » et beau et l’art du « Recyclage », donnant aux déchets une seconde vie, en les façonnant pour créer des portraits. Il essaie de retracer un chemin qui semble effacé.

A travers ses œuvres, l’on peut percevoir très souvent des mots en français ou encore en nouchi (langage vernaculaire ivoirien) ou en Baoulé (ethnie du centre de la Côte d’ivoire), et bien d’autres langues. Les lettres et mots utilisés sont considérés comme des liens  entre les hommes, et constituent un héritage pour les générations futures, car dit-on : «les écrits parlent quand l’homme se tait. »