Côte d’Ivoire : La France va former 10.000 enseignants issus de 15 pays d’Afrique subsaharienne

Un Centre de développement professionnel (CDP) a été inauguré début février à Abidjan, en Côte d’Ivoire. La France est à l’origine de ce projet qui entend former plus de 10.000 enseignants en cinq ans issus de 15 pays d’Afrique subsaharienne francophone. Une aubaine pour la ministre ivoirienne de l’éducation.

Aboutissement d’un processus rigoureux et exigeant, ce centre innovant vient à point nommé pour combler des besoins pressant en matière d’ingénieure pédagogique, de formation initiale, et de renforcement continu des capacités.“, a déclaré Kandia Camara.

Les initiateurs du projet mettent en avant la grande proximité des systèmes scolaires de la France et des pays d’Afrique francophones concernés. Le but: soutenir un système éducatif où plus de la moitié des élèves entrent dans le secondaire sans savoir lire, ni écrire.

Nous souhaitons mettre un terme à la formation telle qu’elle pouvait exister dans le passé qui consistait à réunir des enseignants pendant un temps donné, leur donner une formation théorique de deux ou trois heures et les renvoyer dans leur classe sans possibilité de poursuivre la formation dans un temps plus long. Notre objectif est de proposer une formation qui va durer dans le temps“, explique François Clauzel, directeur du CDP.

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Le lycée international Jean-Mermoz à Abidjan, le plus grand établissement français du pays, abrite les locaux du CDP qui doit former le personnel issu de l’enseignement à la fois public et privé.

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Plus de la moitié (55%) des élèves de 15 pays d’Afrique francophones débutent leur scolarité dans le secondaire sans savoir écrire, ni lire“, souligne un récent rapport du Programme d’analyse des systèmes éducatifs (PASEC) des ministres de l’Education d’Afrique francophone.

Ces élèves éprouvent des difficultés d’apprentissage (…) relativement importants dans le déchiffrage de l’écriture et la compréhension des mots“, indique ce rapport financé notamment par l’Agence française de développement (AFD).

Une question récurrente en Côte d’Ivoire, essentielle à la fois pour les institutions et pour les parents d’élèves, est la qualité de l’enseignement et donc la qualité de la prestation des enseignants, selon un expert.

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Le facteur qui a le plus d’influence sur la réussite des élèves, c’est l’enseignant. Un bon enseignant, c’est celui qui va faire progresser très vite ses élèves“, note Julie Higounet, responsable ingénierie formation à la Mission laïque française qui pilote le projet.

Je souhaite vivement que ce Centre de développement professionnel nous aide à écrire ensemble de belles pages de l’histoire de notre école (…)”, a poursuivi la ministre ivoirienne de l’Education.

Pour Théodore Gnagna Zadi, à la tête d’une plateforme qui regroupe une cinquantaine de syndicats du public et du privé, en majorité d’enseignants, “notre pays a commencé à régresser dans la qualité de l’enseignement: nos camarades ont besoin de cet instrument pour stopper l’hémorragie et relancer le système“.

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