Covid : ces familles qui se déchirent autour de l’organisation du réveillon de Noël

Temps de lecture : 2 minutes

Pour ce réveillon de Noël, la question de la bûche − pâtissière ou glacée ? – passe, pour une fois, au second plan. Covid-19 oblige, ce sont des questions bien plus lourdes qui percutent l’organisation du réveillon. Comment faire ? A combien ? Avec quelles précautions ?

« Mamie n’ira pas manger sa part dans la cuisine comme une pestiférée, tempête ainsi Maryse, secrétaire de 58 ans dans le Lot. La mamie, c’est moi depuis six mois, et je resterai au salon avec mon mari, ma fille et mon gendre ! » La jeune grand-mère voit rouge depuis qu’elle a entendu Rémi Salomon, président de la commission médicale d’établissement de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), formuler ce conseil au micro de Franceinfo, le 24 novembre :

« On coupe la bûche de Noël en deux et papy et mamie mangent dans la cuisine et nous dans la salle à manger. »

Conscient de sa maladresse, le docteur Salomon a très vite présenté « toutes (s)es excuses à nos aînés », sur Twitter […].

Anna (le prénom a été modifié) décrit « deux camps dans sa famille », pas loin d’être irréconciliables, entre « ceux qui veulent à tout prix fêter Noël comme d’habitude et les autres, dont [elle fait] partie, qui préfèrent suivre les consignes ». Cette Parisienne de 25 ans n’a pas compris l’entêtement de sa mère à vouloir maintenir le réveillon avec dix adultes, dont ses parents de 78 ans et 80 ans, regroupés sur une seule table.

« Selon ma mère, “on est manipulés, victimes d’une politique de la peur”. Cela m’a beaucoup surprise qu’elle réagisse comme ça, elle n’est pas du tout complotiste, habituellement. »

Après avoir menacé de passer son tour dans ces conditions, Anna a fini par convaincre sa maman […].

Dans d’autres familles, la présence d’un aîné et les gestes barrières à adopter avec lui ont envenimé les discussions de l’Avent. « Noël m’a déjà valu plusieurs prises de bec et crises de larmes avec mes proches, soupire Joséphine (le prénom a été modifié). Nous devons le fêter à huit […]». Pour cette étudiante nantaise originaire de l’Isère, il était « évident que tout le monde allait porter un masque, mais ça ne l’était que pour moi ». Si ses deux frères et sa sœur sont sur la même ligne, « ma mère, ma cousine et ma tante veulent vivre à tout prix, fêter Noël sans masque car ma grand-mère [88 ans] le souhaite, c’est trop dur pour elle de nous voir avec, m’ont-elles dit ». […]

lemonde.fr