Covid : La schizophrénie, facteur de surmortalité pour les malades contaminés

Les résultats d’une étude de l’université de New York ont récemment indiqué un taux de mortalité plus élevé chez les patients atteints de troubles schizophréniques et malades du Covid-19.

Beaucoup d’études ont montré l’impact négatif du coronavirus sur la santé mentale. Mais rares sont celles qui réfléchissent au rôle des troubles mentaux initiaux sur le cours de la maladie, le 28 janvier. Or, “les personnes atteintes de schizophrénie qui sont touchées par le Covid-19 ont plus de risques de mourir que d’autres malades”.

D’après les résultats de recherches de l’université de New York publiés le 27 janvier dans la revue médicale JAMA Psychiatry. Sur des périodes de quarante-cinq jours, entre le 3 mars et le 31 mai 2020, les médecins ont suivi les cas de 7.348 malades du Covid hospitalisés, parmi lesquels 500 personnes atteintes de bipolarité et de dépression, 360 d’anxiété et 75 de troubles schizophréniques.

Ce sont 11,8 % des malades qui ont péri. Un pourcentage de mortalité que l’on retrouve chez les gens atteints de troubles mentaux. Seule exception : les personnes schizophrènes, dont le taux de mortalité s’est élevé à 26,1 %. Cela fait de cette pathologie “le principal facteur de risque après l’âge”.

Katlyn Nemani, psychiatre de l’université de New York et autrice de l’étude, confie : “Cette découverte laisse penser qu’il y a quelque chose de spécifique à la schizophrénie ou aux médicaments utilisés pour la traiter. Les schizophrènes sont peut-être moins capables d’avoir une réponse immunitaire appropriée à l’infection, ce qui les rend moins à même de lutter contre les virus.

En plus d’un manque de défenses immunitaires, beaucoup de schizophrènes sont sujets au tabagisme, au diabète, ou aux maladies cardiovasculaires, qui concourent à l’aggravation du Covid-19. Toutefois, “il est indéniable que la schizophrénie prédispose à une évolution vers des formes graves du Covid-19”, insiste le psychiatre Guillermo Lahera, secrétaire de la Société espagnole de psychiatrie biologique.

Les antipsychotiques seraient “la clé”

Faut-il relativiser ces données, issues des États-Unis pendant la première vague ? Les avis divergent.

Dans leur étude réalisée l’été dernier, des scientifiques de l’hôpital de Marseille ont présenté des chiffres similaires à ceux de leurs homologues américains. Sur les 1.092 malades du Covid observés, parmi lesquels 15 schizophrènes, 26,7 % d’entre eux sont décédés.

À l’inverse, les chercheurs de l’université de Séville, menant actuellement une étude sur des gens atteints de troubles mentaux et du Covid, ont constaté que ceux qui prenaient des médicaments guérissaient plus vite. L’un d’entre eux suggère que “les antipsychotiques pourraient être la clé”. […]

El País