Covid : Pass Sanitaire à 500 euros sans se faire vacciner (Màj : La police met à jour un réseau de 600 fraudeurs, 6 interpellations)

19/07/2021

Moyennant plusieurs centaines d’euros et la complicité d’une infirmière dans un centre de vaccination un journaliste a réussi à se procurer un faux pass sanitaire sans jamais recevoir une seule dose de vaccin. Pour toutes les personnes impliquées dans cette “combine” cela peut coûter très cher. Il s’agit de faux et d’usage de faux, un délit.

“Il y a délit d’usage de faux lorsqu’on utilise de tels documents pour obtenir un droit ou pour prouver un fait. L’usage de faux est puni même si l’auteur des faits n’a pas fabriqué les faux en question”, précise le site. Ainsi, la simple détention d’un faux document est passible de 2 ans de prison et de 30.000 euros d’amende. Cela monte à 5 ans de prison et 75.000 euros lorsqu’il s’agit de plusieurs documents.

Quant au délit de faux ou d’usage de faux, il est lui puni de 3 ans de prison et de 45.000 euros d’amende. Quant à la personne qui fabrique ces faux documents, elle encourt les mêmes peines, ainsi que des sanctions supplémentaires. Ce délit de faux peut évidemment s’appliquer également aux faux tests PCR.

_________

17/07/2021

Les enquêteurs de la brigade de lutte contre la cybercriminalité ont appréhendé six personnes le 13 juillet. Le réseau proposait ses services sur les réseaux sociaux, moyennant finances.

La combine était parfaitement rodée, presque indétectable. Entre le 12 et le 13 juillet, elle a pourtant mené à l’interpellation de six personnes : quatre membres d’un réseau de fourniture de vrais-faux certificats de vaccination et deux acheteurs. « Une première et une belle affaire », estime une source policière.

C’est en sillonnant le Web dans le courant du mois de mai que le groupe d’enquête sous pseudonyme, une unité spéciale de la brigade de lutte contre la cybercriminalité (BL2C), repère la proposition d’un compte Snapchat sobrement intitulé « Médecin incroyable ». Moyennant un tarif compris entre 350 et 500 euros, ce dernier garantit la fourniture de certificats de vaccination parfaitement authentiques et signés, assure-t-il, par un médecin.

Après deux mois d’infiltration, les policiers mettent au jour un véritable réseau, organisé et structuré. Une agente administrative d’un centre de vaccination situé en banlieue lyonnaise réservait des créneaux de vaccination à ses « clients », qui ne se présentaient pas au rendez-vous, mais fournissaient l’ensemble des justificatifs demandés pour recevoir les doses de vaccin – essentiellement du Pfizer. L’agente enregistrait ensuite leur passage dans la base officielle recensant les personnes vaccinées, puis éditait les certificats, échangés de la main à la main, le plus souvent en banlieue parisienne.

400 acheteurs identifiés

Au moins 400 acheteurs auraient été identifiés, mais les enquêteurs n’excluent pas que leur nombre soit, de source policière, « deux à trois fois plus important ». Les perquisitions, menées en région lyonnaise, dans le Val-de-Marne et dans les Yvelines, ont notamment permis de découvrir au moins 25 000 euros en liquide, des attestations de vaccination vierges et déjà tamponnées, des ordinateurs portables, mais également des faux billets, des effets de luxe, des cachets de médecin et de services hospitaliers. L’une des personnes interpellées est également fortement soupçonnée d’avoir entretenu une florissante entreprise de contrefaçon, produisant et procurant à une vaste clientèle – y compris étrangère, des Britanniques et des Espagnols figuraient parmi ses acheteurs – de faux tests PCR, des certificats de grossesse falsifiés et autres diplômes usurpés.

Le 14 juillet, la section cybercriminalité du parquet de Paris a procédé à l’ouverture d’une information judiciaire. Six personnes ont d’ores et déjà été mises en examen, trois d’entre elles, les plus impliquées, pour des faits d’« atteintes à un système de traitement automatisé de données en bande organisée, faux et détention de faux administratif, blanchiment aggravé et association de malfaiteurs ».

De source judiciaire, on informe que, « conformément aux réquisitions du parquet, deux personnes ont été placées en détention provisoire. (…) Les autres ont été placées sous contrôle judiciaire ». Une instruction a été confiée à une magistrate parisienne.

Le Monde

__________

16/07/2021

Nous avons pu être «faussement vacciné» dans un centre francilien dédié au Covid. La fraude implique plusieurs membres du personnel soignant et permet d’obtenir un passeport sanitaire contre un bakchich.

Il n’est désormais plus possible de penser que « la fraude est marginale », comme l’assuraient encore les autorités sanitaires, ces dernières semaines. Jusque-là, seuls quelques soignants, témoignant anonymement, et travaillant à leur compte, avaient admis avoir accepté parfois « pour rendre service » de faire semblant de vacciner quelques-uns de leurs amis ne voulant pas être piqués, afin de leur permettre de disposer malgré tout d’un passeport sanitaire pour pouvoir partir en vacances.

Mais avec les annonces gouvernementales contraignantes pour tous ceux qui ne possèdent pas le pass sanitaire, le marché noir a pris de l’importance : si les prises de rendez-vous ont explosé (2,6 millions en 3 jours) depuis l’allocution d’Emmanuel Macron, à l’inverse sur Google les recherches par mots-clés de « faux vaccins » ont aussi été multipliées par 50 ! Le réseau social Snapchat se frotte les mains et les certificats de complaisance, vendus en ligne par des trafiquants, s’arrachent désormais à 450 euros, deux fois plus qu’il y a une semaine.

Et, en réponse à cette demande croissante des « vaccinosceptiques », certains centres de vaccination, fleurons de la lutte contre le Covid-19, sont désormais gangrenés par la corruption. Notamment ceux situés dans les quartiers sensibles. Rien qu’en Île-de-France, nous avons pu en identifier deux. Contactée, la Direction générale de la santé indique que le ministère « suit de très près le sujet et a déjà alerté les agences régionales de santé ainsi que les centres de vaccination afin de renforcer leur vigilance et d’identifier d’éventuels actes ou mouvements suspects ».

Afin de lever le voile sur ce trafic puni de 3 ans de prison et 45 000 euros d’amende pour fabrication ou usage de faux, nous nous sommes fait passer pour un réfractaire au vaccin. Armé d’une caméra cachée, contre 300 euros, nous avons pu bénéficier d’un passeport sanitaire sans jamais avoir reçu la moindre injection. Pire : par la voie légale, nous aurions eu besoin de deux doses et donc de plus d’un mois pour être totalement libre de circuler.

En cette mi-juillet, impossible en théorie d’avoir un pass sanitaire avant fin août. En revanche, ce sera possible grâceà cette combine destinée à ceux qui ont prévu des vacances dès le 1er août. Voici le détail de cette incroyable fraude.

« On peut payer sur place »

Depuis 3 minutes, j’échange sur WhatsApp avec un intermédiaire déniché par une de nos relations. Il me passe un coup de fil, m’informe du tarif, « on peut payer sur place » et n’attend pas davantage. Sans même me connaître, il me met en relation avec une infirmière d’un centre Covid de la banlieue nord de Paris.

Jamais je n’ai su leurs prénoms, eux n’ont pas été surpris qu’on les contacte : « Nous avons du monde par le bouche-à-oreille », glisse l’intermédiaire. L’infirmière est peu disponible avant le jour J. Juste un coup de téléphone et quelques messages pour me rassurer : « Ne vous en faites pas, on va vous prendre en charge, vous ne pourrez pas tomber avec quelqu’un qui vous vaccinera vraiment. »

Le Parisien