Covid : Pass Sanitaire à 500 euros sans se faire vacciner (Màj : La police met à jour un réseau de 600 fraudeurs, 6 interpellations)

19/07/2021

Moyennant plusieurs centaines d’euros et la complicité d’une infirmière dans un centre de vaccination un journaliste a réussi à se procurer un faux pass sanitaire sans jamais recevoir une seule dose de vaccin. Pour toutes les personnes impliquées dans cette “combine” cela peut coûter très cher. Il s’agit de faux et d’usage de faux, un délit.

“Il y a délit d’usage de faux lorsqu’on utilise de tels documents pour obtenir un droit ou pour prouver un fait. L’usage de faux est puni même si l’auteur des faits n’a pas fabriqué les faux en question”, précise le site. Ainsi, la simple détention d’un faux document est passible de 2 ans de prison et de 30.000 euros d’amende. Cela monte à 5 ans de prison et 75.000 euros lorsqu’il s’agit de plusieurs documents.

Quant au délit de faux ou d’usage de faux, il est lui puni de 3 ans de prison et de 45.000 euros d’amende. Quant à la personne qui fabrique ces faux documents, elle encourt les mêmes peines, ainsi que des sanctions supplémentaires. Ce délit de faux peut évidemment s’appliquer également aux faux tests PCR.

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16/07/2021

Nous avons pu être «faussement vacciné» dans un centre francilien dédié au Covid. La fraude implique plusieurs membres du personnel soignant et permet d’obtenir un passeport sanitaire contre un bakchich.

Il n’est désormais plus possible de penser que « la fraude est marginale », comme l’assuraient encore les autorités sanitaires, ces dernières semaines. Jusque-là, seuls quelques soignants, témoignant anonymement, et travaillant à leur compte, avaient admis avoir accepté parfois « pour rendre service » de faire semblant de vacciner quelques-uns de leurs amis ne voulant pas être piqués, afin de leur permettre de disposer malgré tout d’un passeport sanitaire pour pouvoir partir en vacances.

Mais avec les annonces gouvernementales contraignantes pour tous ceux qui ne possèdent pas le pass sanitaire, le marché noir a pris de l’importance : si les prises de rendez-vous ont explosé (2,6 millions en 3 jours) depuis l’allocution d’Emmanuel Macron, à l’inverse sur Google les recherches par mots-clés de « faux vaccins » ont aussi été multipliées par 50 ! Le réseau social Snapchat se frotte les mains et les certificats de complaisance, vendus en ligne par des trafiquants, s’arrachent désormais à 450 euros, deux fois plus qu’il y a une semaine.

Et, en réponse à cette demande croissante des « vaccinosceptiques », certains centres de vaccination, fleurons de la lutte contre le Covid-19, sont désormais gangrenés par la corruption. Notamment ceux situés dans les quartiers sensibles. Rien qu’en Île-de-France, nous avons pu en identifier deux. Contactée, la Direction générale de la santé indique que le ministère « suit de très près le sujet et a déjà alerté les agences régionales de santé ainsi que les centres de vaccination afin de renforcer leur vigilance et d’identifier d’éventuels actes ou mouvements suspects ».

Afin de lever le voile sur ce trafic puni de 3 ans de prison et 45 000 euros d’amende pour fabrication ou usage de faux, nous nous sommes fait passer pour un réfractaire au vaccin. Armé d’une caméra cachée, contre 300 euros, nous avons pu bénéficier d’un passeport sanitaire sans jamais avoir reçu la moindre injection. Pire : par la voie légale, nous aurions eu besoin de deux doses et donc de plus d’un mois pour être totalement libre de circuler.

En cette mi-juillet, impossible en théorie d’avoir un pass sanitaire avant fin août. En revanche, ce sera possible grâceà cette combine destinée à ceux qui ont prévu des vacances dès le 1er août. Voici le détail de cette incroyable fraude.

« On peut payer sur place »

Depuis 3 minutes, j’échange sur WhatsApp avec un intermédiaire déniché par une de nos relations. Il me passe un coup de fil, m’informe du tarif, « on peut payer sur place » et n’attend pas davantage. Sans même me connaître, il me met en relation avec une infirmière d’un centre Covid de la banlieue nord de Paris.

Jamais je n’ai su leurs prénoms, eux n’ont pas été surpris qu’on les contacte : « Nous avons du monde par le bouche-à-oreille », glisse l’intermédiaire. L’infirmière est peu disponible avant le jour J. Juste un coup de téléphone et quelques messages pour me rassurer : « Ne vous en faites pas, on va vous prendre en charge, vous ne pourrez pas tomber avec quelqu’un qui vous vaccinera vraiment. »

Le Parisien