Creil (60) : Un bâtiment de Suez incendié après la pose de caméras de vidéosurveillance à proximité d’un point de deal

Les faits sont survenus dans la nuit de ce mercredi à ce jeudi, sur le Plateau Rouher. La piste criminelle est privilégiée. L’endroit se trouve à proximité d’un point de deal et des menaces auraient déjà été proférées.

Un incendie a détruit un bâtiment du groupe Suez dans la nuit de ce mercredi à ce jeudi, à Creil (Oise). Celui-ci s’est déclaré aux alentours de minuit au niveau de l’avenue de la Rainette, sur le Plateau Rouher, où se trouve ce local de 200 m2. Si aucun blessé n’est à déplorer, il a fallu l’intervention d’une vingtaine de sapeurs-pompiers pour venir à bout des flammes.

« Il a quasiment totalement ravagé l’un des bâtiments dédié aux activités de l’eau, (…) qui accueille notamment des activités liées au service clientèle, aux serveurs informatiques et aux archives », a indiqué une porte-parole de Suez. Côté police, la piste criminelle est très fortement envisagée. « Des personnes ont été aperçues sur place dans la nuit en train de casser une vitre du bâtiment », précise un fonctionnaire.

Tirs de mortiers et menaces

Le mobile présumé des auteurs ? Des caméras de vidéosurveillance installées par la ville à proximité d’un endroit considéré comme un point de deal. « Des techniciens qui les branchaient avaient déjà fait l’objet de menaces », précise une source policière. Même chose pour les employés de Suez à qui un groupe d’individus a fait comprendre qu’il y aurait des conséquences si celles-ci n’étaient pas enlevées. Aussi, des mortiers ont été tirés en direction des nouveaux dispositifs ce mercredi, vers 15 heures.

Des propos confirmés sur les réseaux sociaux par certains salariés, dépités. « Hier, nos voitures ont été la cible de cailloux et de tirs de mortiers, assure l’une d’elles. Les jeunes avaient bien prévenu que tant que les caméras ne seraient pas retirées, ils brûleraient tout. Nous n’en sommes peut-être qu’au début. » D’autres salariés de l’entreprise font état de leur dégoût. « Tout ça pour des caméras que la ville de Creil a posé alors que Suez n’y est pour rien », proteste l’un d’eux.

Un sentiment partagé par un commerçant installé dans une rue parallèle. « La pose de caméras ne fait qu’ajouter de l’huile sur le feu. Bien sûr que c’est nécessaire, mais si ce n’est pas associé à une présence policière forte sur le terrain, ça ne sert à rien. Ils peuvent remettre autant de caméras qu’ils veulent, elles seront toutes brûlées car c’est à proximité des points de deal. »

«La ville ne reculera pas»

« C’est avec indignation que j’ai appris l’incendie certainement d’origine criminelle (…) mettant en péril une installation vitale pour les habitants de la ville et de l’agglomération, a réagi le maire (PS) de Creil, Jean-Claude Villemain. Face à la gravité de ces agissements, j’en appelle au réflexe citoyen et invite la population à me communiquer toutes informations utiles à l’enquête. »

D’après l’élu, l’objectif de cet acte serait d’ « intimider » et de « ralentir le déploiement de la vidéosurveillance ». Un des projets du mandat du maire – réélu en 2020 – était en effet de porter à 53 le nombre de caméras d’ici la fin de l’année dans les rues de Creil, contre une vingtaine actuellement. « Mais ce ne sont pas ce genre d’actes criminels commis par des voyous qui nous feront changer d’avis et ces caméras seront bien installées, martèle Jean-Claude Villemain. La ville ne reculera pas. »

L’élu avait également sollicité ce jeudi auprès de la préfecture des renforts de CRS pour prévenir de nouveaux incidents dans le quartier. Dans la soirée, ce dernier annonçait qu’une demi-compagnie avait été déployée dans le secteur. Concernant l’incendie, aucune interpellation n’a eu lieu. « L’enquête se poursuit », précise-t-on au commissariat de Creil.

Le Parisien