Créteil (94) : Mobilisation contre l’expulsion de trois lycéens migrants, « Des élèves très sérieux, investis et appréciés »

Un rassemblement était organisé ce vendredi par Réseau éducation sans frontières devant la préfecture du Val-de-Marne, à Créteil, en soutien à trois lycéens scolarisés dans le département qui viennent de recevoir une obligation de quitter le territoire français.

« Je tiens à tous vous remercier », lance Modibo, ému. Micro à la main, cet élève de terminale au lycée Jacques-Brel de Choisy-le-Roi (Val-de-Marne) exprime sa reconnaissance envers une foule d’amis, d’enseignants, de parents d’élèves et de représentants syndicaux, venus les soutenir ce vendredi après-midi, lui et deux autres lycéennes. Ces derniers se sont vu refuser leurs demandes de régularisation, et ont reçu une obligation de quitter le territoire français (OQTF). « Recevoir une OQTF m’a choqué car j’ai toujours été un élève sérieux. Le Père Noël n’existe pas, je vais donc continuer à provoquer mon destin, je ne lâcherai pas », termine-t-il sous les applaudissements.

« Sans raison valable »

« Amina, lycéenne en terminale au lycée Gutenberg de Créteil, Modibo, lycéen en terminale au lycée Jacques-Brel de Choisy-le-Roi et Katienne, étudiante en BTS première année au lycée Saint-Exupéry sont aujourd’hui menacés d’expulsion en dépit de leur scolarité bien entamée en France depuis des années, et ceci sans raison valable, estime ainsi RESF 94. Des dizaines de lycéens et de familles d’enfants scolarisés n’ont toujours pas obtenu le rendez-vous en préfecture auquel ils ont droit pour déposer leur dossier de demande de titre de séjour ». 

Une menace qui a suscité l’émoi dans les établissements en question, tant chez les camarades des lycéens que dans le corps enseignant. Un professeur du lycée Saint-Exupéry confie à Actu Val-de-Marne : « On a appris cette nouvelle de manière tout à fait informelle. Katienne est une élève investie, très sérieuse et appréciée ».  « Il n’est pas question que l’on accepte cette situation, ajoute Pablo Krasnopolsky, de RESF 94. D’autant qu’il s’agit d’élèves qui ont demandé leurs régularisations. Elles leur ont été refusées sur des prétextes contestables ». 

Selon RESF 94, un parent d’élève est également concerné par une OQTF (obligation de quitter le territoire français). La manifestation de ce vendredi aura par ailleurs une autre revendication : « L’ouverture de rendez-vous permettant aux familles et aux lycéens, notamment de terminale, d’obtenir un titre de séjour, indispensable pour leur poursuite d’études ou leur entrée dans la vie active. Et là, tous les établissements et écoles sont concernés ». Car selon Pablo Krasnopolsky, la situation de ces trois lycéens « est plus fréquente qu’on ne le croit ». 

En février dernier, Ibrahima, un élève du lycée Jean-Macé de Vitry-sur-Seine, était dans la même situation. Mi-juin, la députée du Val-de-Marne Albane Gaillot (NI) en appelait directement au ministère de l’Intérieur pour un élève du lycée du Val de Bièvre, à Gentilly. « La dématérialisation des démarches administratives a conduit à une insuffisance des créneaux disponibles, explique-t-on à RESF 94. Le problème est qu’il faut parfois un an pour réussir à décrocher un rendez-vous. Faute d’en avoir un dans les temps, le titre de séjour est refusé en raison de leur âge ».

Le Parisien