Danemark : Déçue par les promesses non tenues des autorités, une famille afghane quitte le royaume

Lors de l’évacuation des Afghans ayant travaillé pour le Danemark à Kaboul et de leurs familles, l’été dernier, Copenhague avait promis des permis de séjour rapides. Six mois plus tard, plus de deux tiers d’entre eux patientent encore. “Désespérée”, une famille quitte le royaume.

Mohammad est l’ancien chef de la sécurité afghan de l’ambassade du Danemark à Kaboul. Un emploi qu’il avait obtenu au terme d’une stricte procédure de contrôle quant à sa fiabilité.

La fuite du Danemark

Au retour au pouvoir des talibans, en août dernier, celui qui se fait appeler simplement Mohammad pour des raisons de sécurité a pu être évacué vers le Danemark avec sa famille. Une chance accordée à 907 Afghans employés des Danois et aux membres de leurs familles.

Nous avons une responsabilité particulière envers ceux qui ont aidé le Danemark”, avait alors lancé le ministre de l’Immigration et de l’Intégration, le social-démocrate Mattias Tesfaye. Dans la foulée, le Parlement avait adopté une loi spéciale visant à leur garantir un permis de séjour rapidement et un logement dans une commune où recommencer leur vie.

En suspens

Six mois plus tard, affirme Politiken en citant les chiffres du service de l’immigration, seuls 256 d’entre eux ont pu quitter les centres pour demandeurs d’asile. Les autres attendent, sans permis de séjour ni de numéro de sécurité sociale et donc sans accès au marché du travail ni possibilité de scolariser leurs enfants – au grand dam d’une organisation d’aide aux réfugiés interrogée par le journal.À lire aussi Asile. Une ex-ministre danoise condamnée pour avoir séparé des couples d’immigrés

C’est en trop pour Mohammad, rendu amer par l’attente. Dans le centre de réfugiés où il patiente avec sa femme, leurs trois enfants (âgés de 1, 6 et 7 ans) ainsi que son père, il ironise :

La seule réponse positive que j’ai reçue au Danemark, c’est celle de mon test anti-Covid.”

Tout en assurant “aimer” ce pays, il assure qu’il n’y serait pas allé s’il avait su qu’il aurait à attendre si longtemps sans réponse et que la durée du permis de séjour promis se limiterait à deux ans, contre cinq au Royaume-Uni. C’est d’ailleurs pour cela qu’il a décidé d’aller tenter sa chance outre-Manche. À Kaboul, les Britanniques, pour lesquels il avait aussi travaillé, lui avaient donné des visas, à lui et à sa famille. Leur avion pour Londres doit décoller de Copenhague dans l’après-midi ce jeudi 10 février.

Politiken