De migrant hébergé à Denain à l’équipe de France, le rêve éveillé d’Abdoulaye Diallo

Abdoulaye Diallo, migrant béninois arrivé en France en 2018, va porter les couleurs de l’équipe de France en participant à l’European life goal game 2021, du 14 au 18 septembre, un tournoi de football réunissant 400 participants issus des milieux défavorisés de 13 pays européens, à Utrecht aux Pays Bas. Une expérience unique qu’il s’apprête à découvrir avec la plus grande impatience.

Abdoulaye Dialo en compagnie d’Abdelkader Belayachi, chef du service éducatif de l’ALEFPA

Porter fièrement le maillot bleu brodé du coq, c’est un rêve d’enfance devenu réalité. Durant quatre jours de tournoi, le jeune Abdoulaye Diallo va représenter l’équipe de France. Lui qui est arrivé dans l’hexagone il y a tout juste trois ans, il a été pris en charge par l’association ALEFPA de Denain, qui aide entre autres les personnes en difficulté sociale, et grâce à elle, il a pu suivre une formation scolaire et travailler en restauration. Mais Abdoulaye a une passion dans la vie, c’est le football, qu’il découvre en région parisienne à Torcy.

« Quand je suis arrivé (en France), je ne connaissais personne, je ne savais pas où aller, alors je me suis dit que j’allais tenter ma chance, et je suis parti dans ce club ». Un club dans lequel il évolue toujours, au poste de meneur de jeu, à un niveau national. En plus de ça, Abdoulaye s’est fait repérer par des recruteurs et a fait des essais avec les formations jeunes du VAFC, du Stade Malherbe de Caen, et s’est entraîné avec les U19 et la réserve de Saint-Etienne durant l’été, sans que tout cela n’aboutisse malheureusement, faute de papiers. Une expérience du haut niveau qui aidera énormément son équipe à faire la différence dans le tournoi.

« Une immense fierté »

D’ailleurs, lorsqu’on lui a proposé de représenter la France, il n’a pas hésité une seule seconde, « Quand on m’a posé la question, j’ai dit oui tout de suite ! Tout le monde rêve de ça, c’est une immense fierté ». Le jeune meneur de jeu est déterminé et ne part pas aux Pays-Bas pour faire de la figuration, « si on part dans une compétition, c’est pour la remporter ! ».

Cette participation, c’est aussi une grande fierté pour l’association ALEFPA, avec laquelle il garde encore un lien, « On peut venir du Bénin, galérer, et après toucher les étoiles », rapporte Abdelkader Belayachi, chef de service éducatif de l’association. C’est aussi un exemple à suivre pour les jeunes de l’association, « ceux qui passeront derrière lui pourront se dire que c’est possible de réussir dans le sport ».

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