Denain (59) : “Rachid* a-t-il falsifié ses arrêts-maladie ?”, son médecin se porte partie civile contre lui devant le tribunal

Rachid* travaille dans une collectivité du Denaisis. En conflit avec son employeur, il consulte un médecin qui le met en arrêt-maladie. Sauf que les quatre feuillets habituels ne correspondent pas. Rachid a-t-il falsifié ces documents ? Le tribunal se donne jusqu’au 15 décembre pour se prononcer.

Personne ne sait si Rachid* sera condamné pour falsification d’un arrêt-maladie prescrit par son médecin. Le tribunal attend le 15 décembre pour se prononcer. En tout cas, à l’audience de jeudi, il a nié avoir modifié les feuillets de l’arrêt initial pour faire disparaître la mention « maladie professionnelle » au profit de celle « d’accident du travail ». Il explique qu’il « n’a rien fait ». Il « n’a pas touché aux feuillets   ». Pas un moment au cours de la procédure, il n’a changé de posture. Pour lui l’erreur vient du médecin justement…

Trois ans que cela dure

Depuis cette falsification dénoncée par la collectivité qui emploie Rachid, la professionnelle de santé en question a dû s’expliquer maintes fois devant ses pairs. Cela fait trois ans que cela dure. Jeudi, elle était présente à l’audience. Elle s’est portée partie civile contre Rachid. À la barre, elle explique qu’elle n’a pas retouché l’arrêt-maladie en question. Elle a toujours utilisé le même tampon et la même signature.”

Pour les renouvellements, elle a en revanche coché la case accident de travail, à la demande de Rachid, «  sans que cela change quoique ce soit dans les remboursements, puisqu’il n’y a pas eu de décision » de l’assurance-maladie, affirme-t-elle. L’avocat du médecin est clair, Rachid a volontairement « falsifié les feuillets ». Cette possible contrefaçon a d’ailleurs eu des répercussions sur sa cliente. « Elle a été poursuivie par la collectivité » pour certificat de complaisance. «  Elle a aussi été convoquée par l’Ordre des médecins ». Des désagréments pour lesquels il réclame une peine d’amende de 5.000 euros. Enfin, l’avocat a pointé un climat délétère dans la commune, car sa cliente fait partie de l’opposition.

À l’audience, on a appris que Rachid a été révoqué. Qu’il ne travaille plus pour son employeur. Son casier mentionne une condamnation, en 2018, pour harcèlement sexuel et subordination de témoins. Jeudi, son avocat a plaidé la relaxe sur ce dossier.

*En attente de la décision, le prénom du prévenu a été volontairement modifié.

La Voix du Nord