Des ados pris au piège d’une arnaque pour devenir trader

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En juin, la vidéo d’un certain JP, Jean-Pierre Fanguin de son vrai nom selon CNews est sortie de nulle part. Dans son costume moulant, voire trop petit, une coupe de champagne à la main, le jeune homme a fait le buzz sur les réseaux sociaux.

Dans une vidéo postée sur Twitter, il s’adressait aux jeunes qui voudraient «  faire de l’argent avec lui  ». Devant son Range Rover noir, il interpellait : « Est-ce que tu préfères faire pitié et prendre le bus tous les jours, ou commencer très rapidement à faire de l’argent avec moi, grâce à ton téléphone, et pouvoir peut-être acquérir ce genre de véhicule haut de gamme ? »

Jusqu’à cette phrase devenue culte en quelques jours : « Moi, j’pense la question elle est vite répondue  » La réplique est devenue un mème à part entière, qui prête à rire dès que l’on s’en sert. Mais derrière, il se pourrait bien qu’il y ait une réalité beaucoup moins drôle.

La formule serait volontairement « bancale » pour assurer son succès et attirer des jeunes en leur faisant miroiter de l’argent facile. Une société du nom de Melius, d’après le quotidien, leur propose de devenir trader en quelques semaines, en achetant des kits de formation qui coûtent entre 150 et 1000 euros environ. Des kits qu’ils se retrouveront ensuite à devoir vendre pour la même société.

Un engrenage

Un terrible engrenage qui aurait entraîné un certain nombre de jeunes pendant le confinement. « La période de confinement due à la crise du COVID-19 a été propice au développement du réseau de ces plateformes, jouant sur un sentiment d’urgence et une opportunité unique à saisir », confirme l’Autorité des marchés financiers (AMF), qui a reçu plusieurs signalements.

« Il y a eu un pic d’alerte car les jeunes, qui restaient chez eux, étaient plus que jamais sur les réseaux sociaux où circulent des vidéos, des bannières publicitaires. Sur ces vidéos, on est dans la caricature de la réussite sociale. Mais des jeunes sont tombés dans le panneau », a confié Claire Castanet, directrice des relations avec les épargnants et de leur protection à l’AMF.

« Ma fille âgée tout juste de 18 ans m’interroge sur une société dénommée XXX (dont le siège serait à Dubaï) ; un de ses amis a délaissé ses études pour se consacrer à du « parrainage » et tente de convaincre nombre de leurs connaissances du caractère lucratif de l’opération  » a ainsi confié une mère de famille de la région Auvergne-Rhône-Alpes auprès de l’AMF. Et visiblement ce n’est pas la seule.

Le Figaro