Nevers : Des affiches dénoncent la situation des mineurs non accompagnés

Un collectif a collé des affiches sur la préfecture de la Nièvre dimanche 9 mai. © nevers

Un collectif nivernais a collé des affiches dans Nevers dimanche 9 mai, pour alerter sur la situation des mineurs non accompagnés (MNA). Ses membres se veulent anonymes et seraient au nombre de cinq.

Dimanche 9 mai, en pleine nuit, la préfecture a été vêtue d’une parure sur ses murs beiges. Des affiches avaient été collées à la hâte par un groupe anonyme.
Ils se veulent être des défenseurs de droits pour les mineurs non accompagnés (MNA). Pour l’un d’entre eux ayant répondu à nos questions : « Nous souhaitons dénoncer ce qu’il se passe dans la Nièvre et plus largement en France concernant l’accueil des jeunes mineurs isolés. L’État met en place des politiques de plus en plus répressives à l’encontre des demandeurs d’asile. »

Il y a une volonté de ne plus reconnaître les mineurs.

« Nous souhaitons sensibiliser les Nivernais à ce qu’il se passe au quotidien sous leurs yeux. Il y a une volonté de ne plus reconnaître les mineurs. La majeure partie d’entre eux est déboutée de leurs demandes de reconnaissance de minorité. Le département fait passer des entretiens à ces jeunes, qu’il délègue régulièrement à des organismes comme la Croix-Rouge. Ces entretiens se font souvent sans traducteurs. Comment voulez-vous qu’un enfant puisse se faire entendre lorsqu’il ne peut pas se faire comprendre. Ces jeunes sont considérés comme majeurs malgré les preuves qu’ils fournissent. On les déclare majeurs et on ordonne une OQTF (obligation de quitter le territoire français) », ajoute l’activiste.

Pour le groupe de colleurs, « plus de moyens pour ces jeunes ne seraient pas de refus. Nous voulons qu’ils soient reconnus et protégés. Non pas considérés comme des suspects, comme c’est actuellement le cas. »

Des demandes déboutées

D’après les colleurs, des tests osseux sont réalisés sur les enfants. « Ils sont peu fiables et ne donnent souvent pas de résultat probant. On les considère alors comme majeurs dans le doute. »

Il y aurait une vingtaine de jeunes dans cette situation dans le département, selon les colleurs d’affiches. « Certains sont dans des centres d’hébergement d’urgence avec des adultes, d’autres dans la rue. Nous ne pouvons plus fermer les yeux sur cette situation », complète le colleur anonyme.
Les colleurs réitéreront leur action. 

Le Journal Du Centre