Des secrets de confessionnal recensés dans un livre font polémique

Quarante prêtres livrent des secrets de confessionnal dans un livre en librairie depuis jeudi 11 mars en France. Un ouvrage qui fait polémique et qui jette un regard de méfiance sur la pratique.

Je vous pardonne tous vos péchés“: tel est le titre du livre concocté pendant trois ans par le journaliste français Vincent Mongaillard. L’ouvrage se veut une enquête inédite au cœur de la confession. En prenant soin de préserver l’identité de leurs fidèles, des prêtres ont accepté de livrer à l’auteur ce qu’ils entendent dans ces lieux étroits, où le fidèle catholique se livre à voix basse en vue de se sentir libéré, absous de ses péchés.

De la relation adultère à l’inceste voire au crime, rien n’est gardé sous silence. Et ces pages sortent dans cette période de Carême où, justement, la confession sert parfois un peu de passage obligé pour des croyants qui sont tenus à passer par la case confessionnal au moins une fois par année.

Méfiance

Mais le livre rompt avec le sacro-saint secret de la confession et pose problème. Car même si tout est anonymisé, le prêtre ne doit en théorie jamais révéler à personne ce qui lui est confié, ni s’en servir.

Il pourrait encourir l’excommunication, selon le code de droit canonique, soit le code qui régit l’Eglise catholique. Mais impossible de savoir quel prêtre a témoigné. Ce qui a comme conséquence de jeter la méfiance sur tous, selon les détracteurs de la démarche, qui en parlent en termes de trahison, de livre indigne, racoleur.

A noter qu’en Suisse, l’article 321 du code pénal indique expressément que les ecclésiastiques sont tenus au secret professionnel, tout comme les médecins, avocats, notaires et autres corps de métiers.

Un succès de librairie?

L’auteur Vincent Gaillard le dit bien: le confessionnal est l’objet de beaucoup de fantasmes et c’est sans doute le dernier endroit où on ne sait pas ce qu’il s’y passe. Et où il se raconte des liaisons dignes des meilleurs vaudevilles, des mensonges, ou encore de faux aveux dont sont friands tout un lectorat. Alors oui, l’ouvrage peut faire un tabac.

Mais d’après le prêtre Thomas Poussier du diocèse d’Aix, cet aspect risible dont sont affublées plusieurs confessions rapportées dans l’ouvrage rompt une confiance. Une confiance qui devrait permettre à chaque personne qui le désire de voir “s’ouvrir à elle un chemin personnel de réconciliation et de miséricorde”. Et qui donne l’occasion à plusieurs de se construire ou de se reconstruire avec, à la clé, l’exigence d’un minimum de confidentialité. L’animateur Thomas Sotto sur RTL résumait le malaise que suscite ce livre en ces termes: “Si le curé se fait balance, le fidèle va se faire rare.”

RTS