Dieudonné Mbala Mbala : “Je demande pardon”, le comique présente ses excuses à la communauté juive dans un journal israélien (Màj vidéo)

14/01/2023

Dieudonné a partagé une vidéo dans laquelle il revient sur sa lettre de pardon adressée à la communauté juive. L’humoriste a notamment abordé les nombreuses réactions positives à ses excuses.

Le pardon, mes amis, est le chemin le plus rapide vers l’autre. » Dieudonné ne regrette pas sa lettre d’excuses envers la communauté juive, publiée mardi 10 janvier sur le site du journal franco-israélien Israël Magazine. L’humoriste, de son vrai nom Dieudonné Mbala Mbala, s’est même montré très heureux d’avoir effectué une telle démarche. Dans une vidéo partagée jeudi 12 janvier sur YouTube, Dieudonné est revenu sur les vives réactions qui ont suivi la publication de sa lettre d’excuses. « Ça a créé une folie. Il s’est produit une explosion médiatique que personne ne pouvait imaginer », a-t-il commenté dans sa vidéo de 19 minutes.

« En une seconde, nous sommes devenus liés par ce pardon »

Pour Dieudonné, « cette lettre a ouvert en 24 heures un large débat sur le pardon ». En l’occurrence : « Peut-on pardonner Dieudonné ? » L’artiste estime qu’il est « devenu, une fois de plus, l’élément révélateur du malaise et donc de ce débat ». 

« Cyril Hanouna a lu ma missive en direct dans son émission (Touche pas à mon Poste sur C8) quelques heures après sa publication », a rappelé Dieudonné qui remercie « sincèrement » l’animateur. Et le présentateur de TPMP « n’est pas le seul » à avoir évoqué la demande de pardon de l’humoriste, celui-ci citant entre autres Gilles Verdez ou encore Gilles-William Goldnadel. « En une seconde, nous sommes devenus liés par ce pardon, frères en humanité », s’est réjoui Dieudonné dans sa vidéo.

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10/01/2023

A sa demande et à celle de Francis Lalanne, un ami d’Israël,  il était envisagé une rencontre avec Dieudonne à Paris ce jour. Apres réflexion, j’ai préféré que l’humoriste écrive ce qu’il avait à dire à ceux qu’il avait tant maltraités, les Juifs, et auxquels il voulait demander pardon. Je vous laisse simplement juges, vous, lecteurs.

Lettre ouverte de Monsieur Dieudonné MBALA MBALA à André Darmon et à Israël Magazine

Je demande pardon.

Cela fait plusieurs décennies que je ne m’étais exprimé dans un média officiel, et je ne pensais plus le refaire un jour, mais c’est ainsi, le temps passe et il est n’épargne aucune de mes certitudes. Cela fait 35ans que j’exerce la profession d’humoriste.

Bien plus qu’un métier, cette fonction fut pour moi une véritable passion, un sacerdoce pour lesquels j’ai consacré l’essentiel de mon existence et de mon énergie, au détriment souvent de mon entourage le plus proche, et notamment de mes sept enfants, que je n’ai quasiment pas vus grandir.

Je saisis l’occasion qui m’est donnée ici pour leur demander pardon et de leur redire à quel point je les aime. Je tiens également à demander pardon à toutes celles et ceux que j’ai pu heurter, choquer, blesser au travers de certaines de mes gesticulations artistiques. Je pense notamment à mes compatriotes de la communauté juive, avec lesquels je reconnais humblement m’être laissé aller au jeu de la surenchère.”

C’est vrai, j’ai parfois été trop loin et fais preuves d’outrances, de provocations déplacées.

Pour toutes ces fautes et excès, je demande pardon. Mon ambition était de faire rire tout le monde, et la communauté juive fait partie de mon monde

Je n’ai pas réussi à la faire rire, et je le regrette. Bref, mon âge, ma santé m’invitent aujourd’hui à préparer ma retraite au Cameroun, sur la terre de mes ancêtres. Aussi, j’aspire à quitter la scène en paix : en paix avec moi-même, en paix avec les autres, dans un respect réciproque et sincère. Je veux apporter ma pierre à l’édifice de la réconciliation dans un contexte de tensions générales exacerbées.

Plus que jamais, je suis persuadé que le rire et la dérision auront un rôle à jouer dans la restauration du lien de la fraternité qui s’est rompu. Je suis un être imparfait mais sincère qui cherche à réparer ses erreurs et ses fautes.

Merci du fond du cœur d’avoir bien voulu me lire et d’avoir accepté de me publier. Entendons nous bien,  je ne me cherche aucune excuse, aucune circonstance atténuante car nul n’en a lorsqu’il peut constater qu’il a nui à son prochain , je demande tout simplement pardon pour le mal que j’ai pu faire même sans le vouloir.

Dieudonné MBALA MBALA

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C’est une démarche pour le moins inattendue. Et les fidèles lecteurs du journal franco-israélien Israël Magazine ont dû être les premiers surpris en découvrant la photo de Dieudonné, ce mardi 10 janvier, en début d’après-midi à la home du site Internet de ce mensuel classé à droite créé en 1999. Un cliché accompagné d’un titre : « Je demande pardon. Dieudonné. » Erreur ? Piratage ? Coup de pub ?

« Rien de tout cela. J’ai décidé, après relecture bien sûr, de publier ce texte de Dieudonné qu’au départ je devais rencontrer ce soir (ce mardi soir) à Paris, avec Francis Lalanne », nous confie André Darmon, directeur de la rédaction d’Israël Magazine. Cet ex-président de la communauté francophone d’Israël a donc préféré diffuser un message écrit par l’humoriste controversé condamné d’innombrables fois ces dernières années par la justice, notamment pour injures raciales ou incitation à la haine, suite à des propos, des passages de sketchs ou des vidéos, comme la chanson « Shoa nanas », jugés antisémites.

André Darmon s’en explique d’ailleurs à l’attention des lecteurs : « Après réflexion, j’ai préféré que l’humoriste écrive ce qu’il avait à dire à ceux qu’il avait tant maltraités, les Juifs, et auxquels il voulait demander pardon. Je vous laisse simplement juges, vous, lecteurs. » Quant à Dieudonné, contacté ce mardi, il nous a déclaré : « Je vous confirme que cette tribune dans Israël Magazine vient bien de moi, c’est réel, ce n’est pas une fake news. »

Pourquoi avoir publié ce texte ? « J’ai été sollicité par Francis Lalanne, qui est un ami. La démarche qu’il m’a présentée ressemblait à une véritable volonté de faire contrition. J’ai trouvé prématuré de rencontrer Dieudonné, avec qui j’ai eu maille à partir dans le passé. J’ai donc opté pour une déclaration que j’ai soumise à nos lecteurs. Je ne suis ni juge, ni commissaire, à eux de juger », déroule André Darmon qui rappelle que son journal défend les valeurs de l’État d’Israël, le sionisme et le judaïsme, « même si je ne suis pas religieux », précise le directeur de la rédaction.

Justement, ne craint-il pas un torrent de réactions indignées ou de critiques en donnant la parole au polémiste et multirécidiviste, banni des plateformes en ligne à l’été 2020 ? « Je ne dois rien à personne, ni à Dieudonné, ni à quiconque. Je suis un homme libre », insiste André Darmon en confiant avoir avant parution « sondé le texte » de l’humoriste. Son opinion ? « Cela paraît sincère », estime-t-il sans autre certitude. « Sur un plan spirituel, il faut donner sa chance à quelqu’un qui veut se repentir. Mais surtout, le temps nous dira si Dieudonné était sincère. Tout dépend désormais de lui », souligne le patron d’Israël Magazine là où de nombreux lecteurs verront sans doute une énième provocation de l’humoriste.

À l’origine de ce projet de repentance autoproclamé, on trouve l’avocat Emmanuel Ludot. « C’est une étape, car il y en aura d’autres, dont le but recherché est un pardon sans concession », assure ce mardi Me Emmanuel Ludot qui cite entre autres un projet de fonder une association à la mémoire de tous les peuples martyrisés auquel Dieudonné aimerait associer le partenaire et complice de ses débuts sur scène, Élie Semoun.

Par ailleurs, sur le front judiciaire, Me Ludot affirme qu’il a pour mission de « vérifier que toutes les condamnations de Dieudonné ont été exécutées et les peines d’amende payées, et qu’elles le seront si ce n’est pas le cas ». Là encore, l’avenir confirmera l’authenticité ou non de la démarche de l’artiste.

Israël Magazine