Dijon (21) : Une quarantaine de migrants africains s’installe dans un ancien bâtiment d’EDF

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Une quarantaine de personnes demandeuses d’asile se sont installées depuis une semaine dans un ancien bâtiment d’EDF, boulevard Kennedy à Dijon. Le collectif d’associations de soutien aux migrants les aide à s’installer, dans l’espoir de les voir passer une partie de l’hiver au chaud.

Moins de trois mois après l’expulsion du squat Henri Becquerel à Dijon, une quarantaine de migrants se sont installés la semaine dernière dans d’anciens bâtiments d’EDF boulevard Kennedy à Dijon. Pas possible ce mardi matin de visiter les lieux mais le collectif de soutien composé de plusieurs associations, indique que les occupants sont principalement des jeunes hommes, sans papier et en demande d’asile, en provenance en grande majorité des pays de la corne de l’Afrique.

Jusque-là certains ont été hébergés au Centre d’Accueil et d’Orientation (CAO) un foyer de Dijon, “mais cela n’était plus possible, ce qui a forcé bon nombre d’entre eux à chercher une autre solution”, explique Marc Hauville, membre du collectif de soutien aux demandeurs d’asile à Dijon.

Si un certain nombre de dispositions existent en France pour des personnes sans papier “ça ne concerne pas ceux qui ne touchent pas l’allocation au logement et ces personnes-là, qui ont pourtant entamé une demande d’asile officielle ,elles se retrouvent donc à la rue et sont contraintes de trouver d’autres solutions pour se mettre à l’abri” précise Marc Hauville, membre du collectif Soutien Asile 21. 

Alors depuis quelques jours le collectif d’associations de soutien aux migrants les aide à nettoyer les locaux  et à s’installer au mieux dans ces bâtiments plutôt en bon état. “Ils reçoivent une aide par la banque alimentaire et un appel à dons commence à circuler pour apporter ici de la nourriture, des matelas, des couvertures.”

Après avoir vécu plusieurs semaines sous une tente dans la rue, Khalid, se dit soulagé. A 36 ans, lui qui a fui la Somalie, est arrivé à Dijon il y a quelques mois. Une vie compliquée, “ça fait cinq mois que je me bats pour vivre le mieux possible, j’ai vécu dans une tente, un peu dans des squats, en attendant que ma procédure d’asile avance.” Pour lui, cet endroit c’est un peu un havre de paix, “ici je me sens mieux enfin, j’ai l’impression d’avoir une maison.”

Son espoir, obtenir des papiers, et trouver un boulot pour enfin “faire partie de la société tout simplement, comme tout le monde.” Un espoir que partage aussi Benjamin, membre du collectif de soutien aux migrants et aux demandeurs d’asile à Dijon. “C’est un devoir de solidarité, d’humanité, c’est une question qui pourrait être simple . Quand on nous répète qu’il faut des moyens impossible c’est totalement faux. A l’échelle de l’agglo c’est 40 à 50 personnes qui se retrouvent sur le carreau dans une ville de 250.000 habitants c’est dérisoire ! On continue de dissuader des gens de venir, c’est triste, on espère que les choses changeront.”

France Bleu